#LeMoisGeneatech : découverte aux archives – la maison de mes grands-parents

Pour février 2021, Geneatech, communauté de généalogistes amateurs – dont je fais fièrement partie – qui regorgent d’idées pour ne jamais s’ennuyer, a prévu un mois riche généalogiquement parlant: le Mois Geneatech. Au programme, défis d’écritures, vidéos (tutoriels, présentation) quotidiennes… tout cela autour des outils, de l’ADN, des blogs, des logiciels et des recherches en ligne en généalogie. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Aujourd’hui, il s’agit de raconter une recherche effectuée directement aux Archives, sur place.

Il fut un temps, à une période où j’en avais encore un peu de temps – et pas de travail ! -, où je me rendais chaque semaine aux archives, et en particulier aux Archives Départementales du Val d’Oise à Cergy. En effet, la majorité de mes ancêtres du côté maternel sont comme moi originaires de ce département, et malheureusement, le site des AD95, quoique agréable pour sa navigation, ne propose pas énormément de ressources complémentaires. Il me fallait donc me rendre aux archives afin de pouvoir aller au delà des actes de l’état-civil et étoffer la vie de mes ancêtres.

Le bâtiment des Archives Départementales du Val d’Oise, à Cergy

Je m’y rendais donc sur la journée, armée de ma carte de lecteur, de mon ordinateur, d’un crayon et du papier. J’étais très organisée et toutes mes recherches de la journée étaient méticuleusement préparées. Il s’agissait surtout d’optimiser les 15 côtes à commander et de rentabiliser la journée (et les 2h de trajet aller-retour !).

Au départ je me suis naturellement tournée vers les archives de l’enregistrement, à la recherche d’éventuelles déclarations de succession et d’actes notariés. J’y ai souvent fait chou blanc: la branche paternelle de mon grand-père maternel vivant très modestement et ne possédant rien !

J’alternais aussi avec des déplacements aux Archives Départementales de la Seine-Saint-Denis, plus proche de chez moi à l’époque, et où de nombreux actes notariés concernant la famille maternelle de mon grand-père maternelle se trouvaient. En effet, si la majorité des actes les concernant avaient été passés à Roissy-en-France (95), ils étaient à chercher aux AD93 !

Mais revenons aux Archives du Val d’Oise. Grâce à l’aide d’une archiviste j’ai découvert le fonds des hypothèques et l’utilisation des archives en lien avec l’histoire d’une maison. J’avais déjà en tête de travailler sur la maison familiale, celle où habitaient ma grand-mère maternelle et son mari, ainsi que ma grande-tante (la soeur de ma grand-mère maternelle) et son mari mon grand-oncle (qui était également le frère de mon grand-père maternel!).

Je vais donc aujourd’hui vous raconter cette recherche. Par soucis de discrétion (la maison n’appartenant plus complètement à la famille), certains éléments pourront être amenés à être modifiés ou omis. Cependant, la recherche reste la même.

La recherche : faire l’histoire d’une maison

Avant de démarrer cette recherche aux archives, j’ai localisé la maison sur le cadastre napoléonien de 1824, pour m’assurer que la maison existait à cette période là. Le cadastre Napoléonien est un cadastre parcellaire, mis en oeuvre en France entre 1810 et 1850. Outil de renseignement précis sur les parcelles du territoire, le cadastre est un document fiscal pour la répartition de l’impôt foncier. Je n’avais aucune information historique sur la maison, si ce n’est un acte de 1881 qui établissait les conventions entre les propriétaires de la maison que m’avait transmis ma grande-tante. En tout état de cause, la maison était représentée sur cadastre et existait donc bel et bien en 1824.

Cadastre de 1824, avec en jaune l’emplacement de la maison

Avec le numéro de parcelle inscrit au cadastre (le numéro 42), je suis partie à la recherche le nom du propriétaire de l’époque. J’ai donc commandé aux archives départementales les documents concernant les états de sections (série 3 P aux archives).

On y apprend donc qu’un certain Pierre SIMON, poêlier, est propriétaire de la parcelle 42 (sol et maison) mais aussi de la parcelle 43 qui est un jardin. Nous allons pouvoir poursuivre nos recherches pour en savoir davantage sur ce Pierre SIMON et savoir à partir de quand la maison lui a appartenu. Consultons donc les matrices cadastrales.

Cette source nous apprends que Pierre SIMON possédait les parcelles 42 et 43 entre 1836 et 1854.

Aux archives départementales, je photographie et note consciencieusement mes découvertes. L’archiviste, qui suit de près mon avancée, me propose de regarder du côté des hypothèques – source qui j’ignorais jusqu’à ce moment là. Avec le nom du propriétaire, elle me suggère de rechercher les actes de ventes, en lien avec la publicité foncière, relatifs à Pierre SIMON. Direction donc les registres des hypothèques: tables (série 4 Q 1) puis répertoires (série 4 Q 2).

Je ne vais malheureusement rien trouver au prénom de Pierre. En revanche, un Jean SIMON attire mon attention: après des recherches rapides sur internet, je découvre que Pierre SIMON avait bien un fils s’appelant Jean.

Je vais donc regarder du côté des différents actes retranscrits. Grâce à eux et aux différents renvois vers d’autres actes notariés, mais aussi à d’autres noms de propriétaires, je vais pouvoir reconstituer, de fils en aiguilles, l’histoire de cette maison – histoire que je n’aurais pas pu reconstituer sans me rendre aux archives départementales et sans l’aide de l’archiviste sur place.

Histoire de la maison familiale

Mes recherches m’ont permis de remonter jusqu’en 1788, date à laquelle le terrain sur lequel sera bâti la maison a été cédé à titre de bail. En effet, ce terrain appartenait à Jean Baptiste de MACHAULT d’ARNOUVILLE, Garde des Sceaux et Ministre de la marine sous Louis XV, éloigné de la cours depuis les années 60 et vivant dans son château d’Arnouville. Possédant de plusieurs seigneuries sur l’actuel département du Val d’Oise, il est propriétaire cette terre qu’il a hérité de sa mère Elizabeth Françoise MILON, décédée en 1720. J’aurai probablement pu remonter davantage l’histoire de cette terre grâce aux actes relatifs à Jean Baptiste de MACHAULT sur les Archives Nationales, mais ça sera pour une autre fois !

Jean Baptiste de MACHAULT D’ARNOUVILLE, château de Thoiry

Mais revenons donc à ce fameux terrain sur les terres de Jean Baptiste de MACHAULT d’ARNOUVILLE. Comme nous pouvons le voir sur le plan d’intendance de 1787, il constitue une véritable ouverture face à la place du marché.

Le terrain est donc cédé à titre de bail à Pierre Nicolas FOULON, vitrier du bourg, et à sa femme Marie Françoise DESTAURET. Ils ont pour obligation de payer trente livres de cens (rente seigneuriale, ou autrement dit une redevance annuelle foncière) à chaque hiver. Le couple s’engage également à faire construire – à leurs frais – sur ce terrain un bâtiment avec un cahier des charges précis, dans les quatre ans à venir:

  • la maison doit avoir vue sur la rue, avec une ouverture sur une cour et un jardin
  • la maison doit être composée de deux corps de logis qui seront séparés par une grande porte
  • le logis de droite sera composé au rez-de-chaussée d’un grand salon, d’une petite salle à manger à côté, d’une cuisine, d’une office et d’un escalier menant à des chambres et à un grenier couvert de tuilles. Une grande cave se situera sous le logis.
  • le logis de gauche sera composé de la même manière que le logis de droite, de façon totalement symétrique.

Un plan qui a été réalisé au moment du passage devant le notaire sera annexé à l’acte: je n’en ai malheureusement aucune trace.

La description de la maison ainsi que les frais que sa construction vont engager laisse penser que les FOULON étaient des personnes assez aisées (et n’oublions pas que Pierre Nicolas FOULON était un artisan !).

Prison des Madelonnettes

Le cahier des charges sera parfaitement respecté. Combien de temps va mettre le couple à faire construire la maison? Je l’ignore – il est fort probable que la construction ait rapidement été entreprise. Nous sommes encore sous l’Ancien Régime, et la Révolution gronde: bientôt la maison appartiendra en toute propriété au couple. En effet la famille de MACHAULT va être fortement touchée par les événements révolutionnaires. Louis Charles de MACHAULT d’ARNOUVILLE, évêque d’Amiens et fils de Jean Baptiste – qui « loue » la future maison au couple FOULON, refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et quitte la France pour les Pays-Bas Autrichiens. Jean Baptiste de MACHAULT d’ARNOUVILLE tombe sous le coup du décret du 17 septembre 1793 (dite la Loi des suspects) et est arrêté en 1794 à Rouen. Ses deux autres fils, Charles Henri de MACHAULT, Comte d’Arnouville, et Armand de MARCHAULT d’ARNOUVILLE, maréchal de camp, sont également arrêtés. Tous les trois sont emprisonnés à la prison des Madelonnettes (ancien couvent du IIIe arrondissement de Paris devenu prison sous la révolution) et sont condamnés à la guillotine. Jean Baptiste de MACHAULT D’ARNOUVILLE va y échapper puisqu’il va mourir peu de temps après son emprisonnement, le 12 juillet 1794. Les deux frères, Charles Henri et Armand sont quant à eux libérés de justesse en novembre 1794, suite à la chute de Robespierre le 28 juillet 1794 et à la fin de la terreur.

La révolution a entrainé l’abolition des droits féodaux et seigneuriaux et l’acte notarié de 1788 fera office d’acte de propriété. Marie Françoise DESTAURET décède en 1804 et « La Maison de la Louche » comme elle se fait appeler, située alors au 30 Grande Rue Saint-Pierre, est estimée à 7000 francs. Probablement que cette maison avait une fonction pour avoir un tel nom. Ce qui est sûr c’est que la famille Foulon y vivait plus depuis quelque temps, peut-être que cela avait un lien avec le métier de vitrier exercé par Pierre Nicolas FOULON?

Pierre Nicolas FOULON décède le 16 octobre 1809 et ses enfants vendent la maison le 27 mars 1814 à Louis Thomas GUESDON, marchand de tabac, et à sa femme, Marie Madeleine DEGOUY, un couple vivant sur Paris. La maison est vendue pour 8000 francs. Le marchand ne va pas conserver la maison longtemps puisqu’il la revend 4 mois plus tard à Pierre BOURSIER et sa femme Rosalie WION, au prix de 9700 francs. Le couple vient lui aussi de la capitale et il va revendre assez rapidement la grande maison, deux ans après l’avoir acquise. Cette fois ci, Pierre BOURSIER et sa femme ne vendent non pas une mais deux maisons, en divisant le bâtiment en deux – rendu possible par la configuration des lieux. Rappelez vous, la maison, une fois passée la grande porte, dispose de deux entrées, avec chacune leur propre escalier: l’étage du dessus réunit les deux parties de la maison.

La grande porte de la maison se trouve à droite du cocher sur l’image. La maison est composée du bâtiment qui comporte la grande porte et du bâtiment accolé à gauche.

La partie gauche de l’immeuble, qui deviendra définitivement plus tard le n°27 (les numérotations vont varier tout au long du XIXe siècle), va être vendue à Benoit NANTET et sa femme, marchand mercier de la ville pour la somme de 3000 francs. La partie droite de l’immeuble, qui deviendra le n°29 et la maison familiale, va être vendue à Pierre SIMON et sa femme, marchand chaudronnier de la ville également pour la somme de 3000 francs. Les actes de vente, rédigés le même jour, vont définir les conditions de la division de l’immeuble et la répartition des deux logis. L’unique escalier menant du premier au deuxième étage reviendra à Pierre SIMON et il aura la charge d’élever une cloison afin de séparer les deux maisons. La chambre au dessus du porche appartiendra également à Pierre SIMON. Enfin, ce sera à Benoît NANTET de séparer les espaces extérieurs.

L’intérieur du n°29, décrit dans l’acte de vente, correspond presque exactement à la maison telle qu’elle existe encore aujourd’hui: nombre de pièces, nombre de fenêtres, cheminées… Malgré les modifications apportées au fil des années, cette maison n’a finalement pas tellement changé !

Porche du n°27-29 sur la base Mérimée, 1993

La maison (le n°29) va rester un certain temps dans la famille SIMON, puisqu’après le décès de Pierre SIMON en 1854, Jean et Camille, ses deux fils, vont en hériter. Jean rachètera un an plus tard la part de son frère pour 4000 francs. Il en restera l’unique propriétaire jusqu’à sa mort en 1875. Contrairement aux deux familles précédentes qui vivaient à Paris et qui n’habitaient pas la maison (les actes de ventes font mention de locataires), il semblerait que la famille SIMON ait vécu dans cette maison de façon continue. C’est dans la maison que Pierre SIMON et sa femme décèdent, ainsi que Jean SIMON en 1875. Les recensements, disponibles à partir de 1836, indiquent également qu’ils y vivaient – la rue est alors renommée Rue de l’Hôtel de Ville et l’appellation « Maison de la Louche » semble avoir définitivement disparue. Au total, la maison aura été habitée plus de 59 ans par la famille SIMON.

Description de la maison dans l’Echo Pontoisien avant l’adjudication

La maison est mise en vente aux enchères après le décès de Jean SIMON. En effet, sa femme et ses deux enfants ont renoncé à la succession. Avec un prix de départ à 6000 francs, elle est adjugé vendue à 6400 francs à Michel Victor BUNET, propriétaire du n°27 (peut-être avait-il dans l’idée de réunir les deux parties de la maison?). Finalement, une surenchère au dixième – c’est à dire une surenchère qui a lieu dans les 10 jours suivant la 1ère adjudication, d’au moins un dixième du prix atteint – intervient: l’adjudication de la maison se fait à 7500 francs par Gabrielle Augustine PROUST épouse de Louis Auguste BELLER, directeur de voitures publiques, habitant la commune. Le couple BELLER-PROUST va occuper directement la maison quelques années puisque leur fils Georges y nait en 1878. Pour la petite anecdote, lors de mes recherches sur le couple, je vais découvrir que le métier de Georges est celui de généalogiste !
Après 1880, la famille ne vit plus dans la maison et la vend en 1881. Les nouveaux propriétaires ne vont pas vivre dans la maison et celle-ci va être louée (parfois à plusieurs familles simultanément, la division se faisant par étages). Nombreux sont les locataires qui vont se succéder, aux professions variées: huissier, rentier, prêtre, percepteur, receveur de l’enregistrement… La maison étant grande, celle-ci était habitée par des familles plutôt aisées ! Et bien souvent ces familles ne restaient pas bien longtemps. En effet, lors de chaque recensement qui a lieu tous les 5 ans, une ou des nouvelles familles occupe la maison. Autre anecdote concernant la maison et ses occupants: je vais découvrir qu’un certain Maximilien BOE à la carrière remarquable (officier d’académie, inspecteur de l’enseignement primaire à Sens, professeur à Nouméa et à Saint-Denis de la Réunion), a vécu quelques année dans la maison avec sa famille et ses biographies ainsi que ses parutions dans les journaux ne font aucunement mention de ce court passage dans cette ville !

Je perds la trace des propriétaires durant quelques années, entre 1881 et 1924, date à laquelle la maison est vendue à nouveau aux enchères à un couple – les derniers propriétaires. Ils vivront dans la maison jusqu’en 1968, date à laquelle la maison est achetée par ma famille.

Vue de la maison depuis le jardin, 1969

Au total, depuis la construction de la maison, au moins 9 propriétaires vont se succéder – et de très nombreux locataires vont y vivre. La maison a aujourd’hui près de 233 ans ! C’est dans maison, que j’appelle seulement ici pour plus de lisibilité « la maison familiale », qu’étaient accrochés au mur de l’entrée les arbres généalogiques géants peints par ma grand-mère. C’est dans cette maison que sont mes très nombreux souvenirs d’enfant où dans laquelle le mot famille prend tout son sens. J’y aurai toujours un lien, une attache particulière, indescriptible. Cette attache est encore plus forte depuis que j’ai entamé ces recherches, car au delà d’être inscrite dans mon histoire individuelle et familiale, elle s’inscrit également dans l’histoire en ayant traversé les siècles.

9 réflexions sur “#LeMoisGeneatech : découverte aux archives – la maison de mes grands-parents

  1. Mélanie - Murmures d'ancêtres 18 février 2021 / 9 h 53 min

    Article très intéressant et qui donne envie de devenir genealogiste des maisons à plein temps ! Une précision concernant le nom de la maison : une ouche est un terrain cultivé en potager ou planté d’arbres fruitier. Ce qui correspond très bien avec l’ouche (puis la louche) du plan d’intendance de 1787. Je ne pense pas que ce nom ait un rapport avec le métier de vitrier – mais je peux me tromper bien sûr 😉
    Mélanie – Murmures d’ancêtres

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  2. GARCIA 18 février 2021 / 10 h 37 min

    J’ ai beaucoup aimé l’histoire de la maison de tes grands parents. C’est formidable de pouvoir raconter l’ Histoire à partir de l’histoire d’une famille proche.

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  3. Lemaire 23 février 2021 / 15 h 07 min

    Un texto de ma cousine
    Je cesse mon travail pour le lire car elle mérite bien quelques secondes
    Et voilà, je suis accroché par ce superbe travail et cette belle écriture
    Dommage, c’est déjà fini, d’un seul coup j’avais le temps…
    Bravo Mathilde
    Affectueusement
    Philippe

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  4. Estelle Hesnard 24 février 2021 / 13 h 33 min

    Merci de partager cet important travail de recherche et de synthèse.
    Très intéressant pour la gonessienne que je suis !

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  5. aline lefebvre 6 mars 2021 / 8 h 32 min

    Très intéressante histoire pour remonter dans le temps, quelle patience aussi.
    Bravo.

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  6. Martine DUPLOUIS 6 mars 2021 / 11 h 26 min

    Merci à vous pour avoir si bien raconté l’histoire de votre maison ! Je comprends votre attachement car je vis le même sentiment avec la maison de mes arrières grands parents et avec vos indications dès que je peux me rendre aux AD de la manche je vais pousser ainsi plus loin mes recherches ….

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  7. Plantard 10 mars 2021 / 11 h 30 min

    Très intéressant comme travail, cela donne envie de faire pareil pour ma maison familiale.
    Merci de nous faire partager votre travail

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