Jean LACROUTS dit LACOMME: un soldat napoléonnien

Cet article a été écrit dans le cadre du #DefiNapoleon proposé par Geneatech.

Comme j’aime découvrir (souvent par hasard), que l’un des collatéraux de mon arbre ou un ancêtre a été décoré de la légion d’honneur ! Au delà du prestige de ce titre, cette décoration nous permets d’en savoir plus sur l’individu décoré mais aussi de situer son parcours dans l’histoire avec un grand H. C’est comme ça que j’ai découvert que l’un des collatéraux de mon ascendance avait fait parti de la prestigieuse Garde Impériale de Napoléon.

Napoléon harangue le 2ème corps de la Grande Armée sur le pont de Lech à Augsbourg, Pierre Gautherot, 1805

Il s’agit de Jean LACROUTS dit LACOMME, fils de Pierre LACROUTS, menuisier, et Marie LABORDE, mes sosa 946 et 947, ancêtres à la 10e génération.

En cherchant les enfants de ce couple et en jonglant entre les archives en ligne des Pyrénées Atlantiques et FILAE, je suis tombée sur le dossier de décoration de Jean LACROUTS dit LACOMME. Il est le troisième enfant (et premier fils) du couple. Trois autres enfants suivront après lui, avant la mort prématurée de son père Pierre en 1790. L’aînée de la fratrie Marguerite LACOUME (1774-1810), est mon ancêtre à la 8ème génération.

Jean est donc né le 5 mai 1778 à Géronce (64), au coeur de la vallée béarnaise, dans la maison Lacomme – probablement aujourd’hui disparue.

Géronce, sur la carte de Cassini

Le petit village de Géronce va passer complètement à travers les évènements de la révolution française.

Uniforme d’infanterie légère, 1802

Jean, conscrit de l’année 1798, entre dans la 13ème demi-brigade légère (qui sera renommée 13ème régiment d’infanterie légère en 1803) le 24 août 1799, quelques mois avant le coup d’état de Napoléon Bonaparte. Les régiments d’infanterie légères sont composés de soldats chargés d’éclairer la marche d’un convois. En 1800, il fait partie de l’Armée de l’océan qui est une armée créée pour faire face au Royaume-Uni lors de la Deuxième Coalition. Cette armée est remaniée en 1803 et disparait en 1804 au profit de la Grande Armée, qui va constituer l’armée impériale de Napoléon, proclamé empereur cette même année. Mais revenons un peu en arrière: notre Jean LACROUTS va participer à la campagne d’Italie en 1801, qui va opposer les troupes françaises aux troupes russes et autrichiennes, puis à la campagne de Suisse en 1802. Ces campagnes seront de véritables succès pour Napoléon et l’armée française.

La bataille de Marengo, Jacques Augustin Pajou, 1800

Le 16 mai 1803, la France déclare la guerre à l’Angleterre. Napoléon choisi Boulogne-sur-Mer et la côté d’Opale pour y établir un immense camp militaire, le camp de Boulogne, qui va forger et préparer sa Grande Armée. Jean LACROUTS va y passer 2 ans, avant de faire partie de la dite Grande-Armée jusqu’en 1812. Il est très probable que Jean ait pris part à la célèbre bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805, au sein du 13ème Régiment d’Infanterie Légère, sous les ordres du Comte Caffarelli de Falga. Après cette victoire, les batailles vont se suivre pour Jean lors des Quatrième et Cinquième Coalition: la bataille d’Auestaedt (qui a lieu le 14 octobre 1806, en parallèle de la bataille de Iéna), la bataille d’Eylau (8 février 1807) et la bataille de Wagram (6 juillet 1809) sous les commandement du général Davout (8 février 1807) ainsi que de nombreux combats.

Napoléon 1er visite le camp de Boulogne, Jean François Hue

En 1812, il intègre la Garde Impériale et rejoint les chasseurs à pieds. La Garde Impériale, unité emblématique du Premier Empire, est un corps d’armée d’élite où se trouvent les meilleurs soldats de l’armée. Pour la rejoindre, les soldats doivent faire 1m70, avoir servi un certains temps dans l’armée (entre 8 et 10 ans) et avoir fait preuve d’un comportement irréprochable. C’est en 1812 que la Garde Impériale sera à son apogée, avec plus de 110 000 hommes (contre 10 000 à sa création).
Bien que le signalement de Jean ne soit pas rempli sur son registre matricule, nous pouvons en déduire qu’en intégrant la Garde Impériale il devait être grand pour l’époque !

Chasseurs à pieds de la garde impériale

Après son incorporation pour la Garde Impériale, il est nommé tambour entre 1812 et 1815. Le rôle des tambours est crucial dans l’armée napoléonienne: ce sont des soldats musiciens chargés d’accompagner les troupes dans leur avancée et dans leur quotidien (réveil, alarmes, distributions, disciplines, manoeuvres…). Ils donnent également la cadence lors des combats et des tirs. Deux tambours sont prévus par compagnie (150 hommes). Quoiqu’il en soit, Jean accompagne l’Empereur lors de la campagne de Russie de 1812, qui va être une véritable débâcle: pris par le froid, l’armée est mise en déroute et de nombreux soldats français ne reviendront pas. La Garde Impériale elle, comme ce sera souvent le cas, ne prendra pas part aux combats. Elle va en revanche jouer un rôle décisif dans le secours apporté aux soldats de la Grande Armée. A la suite de cette campagne, il repart pour la campagne de la Saxe où se déroule la bataille de Liepzig en octobre 1813, à l’issue de laquelle l’Empire perdra l’Allemagne. La Garde se replie alors sur la France pour tenter de protéger l’Empire menacé par la coalition des alliés. Une nouvelle défaite des français mènera à la chute de l’empire en 1814 et à la première abdication de Napoléon suivi de son exil sur l’île d’Elbe. Mais ce dernier va rester seulement 10 mois sur l’île avant de revenir en France pour reconquérir l’Empire. Il va mener son dernier combat en Belgique, et la Garde Impériale, fidèle, sera à nouveau auprès de lui. Là encore, Jean LACROUTS participera à la campagne auprès de l’Empereur. C’est lors de la célèbre bataille de Waterloo le 18 juin 1815 que l’armée napoléonienne sera à nouveau mise en déroute. La France est à nouveau envahie et Napoléon est contraint d’abdiquer définitivement. C’est la fin du Premier Empire.

La Bataille de Waterloo, Clément Andrieux, 1852

C’est durant cette période au sein de la garde impériale que Jean va être décoré de la Légion d’honneur, le 21 février 1814.

Suite à la fin définitive du Premier Empire, la Grande Armée est complètement dissolue, et Jean se voit intégrer la Garde Royale (qui serait en quelque sorte le successeur de la Garde Impériale) le 11 octobre 1815. N’ayant pas encore entamé de recherches de ce côté là et n’ayant pas retrouvé son acte de décès, je perds complètement sa trace – je sais uniquement grâce à son dossier de légionnaire qu’il est toujours tambour au sein du 1er régiment d’infanterie la Garde Royal en 1817.

Jean LACROUTS (ou plutôt LACROUX ou LACROIX selon sa fiche matricule et son dossier de légionnaire) aura passé plus de 18 ans aux armées, et surtout, il aura vécu et survécu à toute la période napoléonienne et à ses guerres, de façon ininterrompue au sein de la Grande Armée et puis de la Garde Impériale. Un sacré parcours.

Jean LACROUTS DIT LACOMME, frère de Marguerite LACOUME
2. Arnaud LAVIGNE
3. Pierre LAVIGNE
4. Catherine LAVIGNE
5. Marie Thérèse LAÏRE
6. Léo FONTAINE
7. Ma grand-mère maternelle
8. maman
9. moi

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