#ChallengeAZ: K comme Afion-Kara-Hissar: en route vers la généalogie génétique?

Lorsqu’on se lance dans le ChallengeAZ, il y a certaines lettres qu’on redoute plus que d’autres: celles qui vont nous donner du fil à retordre et nous faire chercher un mot correspondant pendant longtemps. Dans le cadre de mon ChallengeAZ 2019, le problème allait être inévitable: ayant pour thème les villes de mon arbre et des lettres renvoyant à des lieux de ma généalogie, je savais d’avance que cela allait poser problème et que certaines lettres ne correspondraient à rien dans mon dictionnaire des lieux. C’est pourquoi j’ai décidé de détourner un peu le challenge et de faire quelques exceptions (joker!). Pour ces lettres particulières, je les taperai tout de même dans mon dictionnaire des lieux et prendrai le premier résultat ou un résultat envisageable pour l’écriture d’un article.

Pour la lettre K, il s’agit donc d’Afion Kara Hissar en Turquie.

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Afion Kara Hisar, ou Afyon. C’est dans cette ville de Turquie, située dans les terres et peuplée de près de 300 000 habitants, qu’est née mon arrière grand-mère Marie SARAFIAN, évoquée en ouverture de ce ChallengeAZ 2019. C’est aussi certainement d’ici qu’une partie de ma famille (les SARAFIAN donc) est originaire. Je ne peux l’affirmer car avec la généalogie arménienne et de façon plus générale la généalogie au Moyen-Orient, les recherches sont extrêmement difficiles.

Afyonkarahissar

En effet, je n’ai de la visibilité que jusqu’à mes arrières-arrières-grand parents, le tout sans sources sûres, seulement à travers la mémoire familiale transmise à l’oral, et dont une grande partie a été emportée par l’exode que je vous racontais ici. En ce qui concerne le mari de Marie, mon arrière-grand-père Haroutioum, je n’ai que les prénoms et noms de ses parents (et je ne suis pas sûre qu’ils soient véritables).

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Ascendance de Marie SARAFIAN
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La ville d’Afyonkarahisar et son château, perché sur un rocher volcanique

Ne parlant ni turc, ni arménien, je suis incapable de poursuivre mes recherches sur les sites diplomatiques ou municipaux turcs. Par méconnaissance, je ne sais pas non plus si des traces écrites, des archives précises existent et ont été conservées. Il me reste donc pour le moment seulement quelques pistes que j’essaye d’exploiter, en vain: la tâche se complique quand on sait qu’arrivés en France, les arméniens se sont souvent attribués eux-même des noms de familles, plus ou moins éloignés de ceux qu’ils avaient déjà. Par exemple, mon arrière grand-père paternel ne porte pas le même nom de famille que ses frères. De plus, la diaspora arménienne est importante et les ruptures familiales aussi, et nombreuses sont les familles qui n’ont pas été réunies.

Il me reste donc une piste, qui, à mon sens, pourrait pallier à cette absence de noms, de dates, et à ces séparations. Il s’agit de la généalogie génétique et l’usage d’un test ADN. Cette solution me fait de plus en plus de l’oeil quand je vois à quel point je m’épuise face à cette branche de mon arbre qui représente 1 quart de mes origines. Bien que les résultats ne sont pas miraculeux et que ces démarches peuvent amener à beaucoup de déception et de frustration, il reste fort probable que certains de mes ancêtres soient passés de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis (comme une part importante d’arméniens). Il y a par ailleurs de très nombreux Sarafian Outre-atlantique ! Je garde donc bon espoir que cette alternative me soit utile – et de toute manière, il ne me reste plus beaucoup d’autres solutions. Il ne me reste plus qu’à franchir le cap !

Marie SARAFIAN (1911-1992)
2. Mon grand-père paternel
3. papa
4. moi

#ChallengeAZ: J comme Jagny-sous-bois (95): mes (deux fois) ancêtres

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Jagny-sous-bois (95), à 5km au sud de Luzarches

Jagny-sous-bois. C’est dans cette ville du Pays de France qu’est née vers 1690 Marie Magdelaine LEFORT. Elle va y vivre jusqu’à l’âge de 28 ans avant de se marier le 27 février 1718 avec Cosme HUDDE. L’homme, âgé de 41 ans, est menuisier à Luzarches où il demeure. Il est veuf depuis 3 mois et a à charge 4 jeunes enfants, dont l’ainée a seulement 7 ans – ce qui peut expliquer la nécessité d’un remariage rapide.

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L’église de Jagny-sous-bois avant la démolition de la nef. C’est ici que Marie Magdelaine a été baptisée. Aujourd’hui, seul le clocher a été conservé: l’église a quant à elle été reconstruite (source: geneanet)

Cosme et sa future épouse vont établir les clauses de leur mariage le jour de sa célébration, devant  Me Lozanne, notaire à Luzarches. Le couple va se marier sous la coutume de la prévôté et vicomté de Paris (c’est à dire les lois civiles qui vont régir le ville de Paris ainsi que notre actuelle Ile de France). Maîtrisant peu le sujet et n’étant pas parvenue à déchiffrer le contrat de mariage de façon à en saisir le contenu, je ne pourrai vous détailler aujourd’hui ce que celui ci prévoyait et quels étaient les apports des époux.

Mais revenons à Marie Magdelaine, qui après son union, va s’installer avec son époux à Luzarches (95), bourg d’importance moyenne situé à seulement 2 kilomètres de Jagny.

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Saint-Côme et Saint-Damien, église de la Paroisse où on vécu le couple à Luzarches (source: geneanet)

Ensemble, le couple va avoir 7 enfants, dont deux de mes ancêtres: Marie Magdeleine (1718), Catherine (1719-1782), Claude (1721-1721), Marie Madeleine (1722-1778), Philippe (1724-1727), Louise (1727-1795) et Geneviève (1730). C’est donc par l’union des descendances de Marie Magdeleine et Catherine que mes branches s’entremêlent et créent un implexe: Cosme HUDDE et Marie Magdeleine LEFORT apparaissent deux fois dans ma généalogie et sont de cette façon « deux fois » mes ancêtres (sosa 1730 à la 11ème génération et 3470 à la 12ème génération pour Cosme HUDDE, et sosa 1731 à la 11ème génération et 3471 à la 12ème pour Marie Magdeleine LEFORT).

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Et bientôt, lors de ce Challenge, je vous raconterai l’union de leurs descendants avec la dispense de consanguinité à l’occasion de mes recherches à Paris !

Cosme HUDDE (1677-1756) et Marie Magdeleine LEFORT (1690-1751)
2. Marie Magdeleine HUDDE / Catherine HUDDE
3/4. Anne Louise VERDEAUX / Narcisse Gabriel GALLOIS
5. Jean Baptiste GALLOIS
6. Jean Baptiste GALLOIS
7. Jules René GALLOIS
8. Andréa Maria GALLOIS
9. Léone Octavie SONNIEZ
10. Mon grand-père maternel
11. maman
12. moi

 

#ChallengeAZ : I comme Ivors (60): le château d’Ivors

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Ivors (60), à la limite de l’Aisne, à 10 km de la Ferté Millon

Ivors dans l’Oise (60), à 70km de la Capitale. C’est là que Paul LE ROUX, 32 ans, parisien de la Paroisse Saint-Gervais, a épousé Louise TASSART, 28 ans, native du petit village, le 9 juin 1705.

 

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Plan d’une partie de la forêt de Compiègne, de la forêt de Retz et des villages environnants. Non daté (source: AD60)

En réalité, Paul était déjà installé à Ivors depuis un peu moins d’un an et avait convolé en noces une première fois avec Maguerite CAGET, une cousine de Louise, le 19 avril 1704. Malheureusement, le mariage n’a duré que 15 jours: Margueritte décède dans sa vingtième année le 3 mai 1704. De cette union, il reste une petite fille, Colombe. Née hors mariage à Paris, elle sera légitimée plus tard lors de l’union de ses parents.

Avec Louise, Paul va vivre une vie tranquille. Ils vont donner naissance à trois garçons et une fille:
Paul, en 1706
Pierre en 1709
Joseph, mon sosa 828, en 1711

Comme quelques villageois à Ivors, Paul LEROUX va travailler pour le Marquis de Nicolaÿ, seigneur d’Ivors. Ecuyer de cuisine (à comprendre maître cuisinier), le château du Marquis va être son quotidien.

En effet, la seigneurie d’Ivors passe aux mains de la famille de Nicolaï (ou Nicolay) lors du mariage de Marie de Billy et Jean III de Nicolaï le 22 janvier 1578.
En 1705, Paul LEROUX travaille pour Nicolas de Nicolaÿ, marquis de Presles et d’Ivors, époux de Marie Louise de Brion.

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Descendance de Nicolas de Nicolaÿ, père de Nicolas de Nicolaÿ, marquis de Presles et d’Ivors (source: racinehistoire )

Au décès de Nicolas de Nicolaÿ en 1718, c’est son fils, Nicolas, qui reprend la seigneurie.

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Situation du château sur le plan cadastral de 1844 (source: AD60)

La vie des habitants du petit village d’Ivors va s’organiser autour du château qui se trouve tout près de l’église. On peut citer les personnes qui travaillent au château dans les années 1710:

  • Nicolas LEUILLIER et Pierre DEFAUT, jardiniers
  • Jean COSSART, officier/Maître d’hôtel du Marquis
  • Jean MARCHAND, concierge du Château
  • Claude MOQUET et Nicolas BARRE, domestiques
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Photo ancienne du château, avant 1937

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Aujourd’hui, le château est privé et je n’ai trouvé aucune informations sur sur propriétaire. De plus, il a été en parti démoli et de façon progressive, tout au long du XIXe siècle.

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Evolution du château

En 1937, le château semble encore assez proche de son état d’origine. En revanche, l’aile droite au bas qui apparait sur les photos anciennes ainsi que sur le plan cadastral de 1844, remarquable par ces deux tours, a déjà disparue. Seule une petite partie de l’aile est encore debout. A partir de 1951 (et jusque 1992) on peut voir qu’une partie de la toiture de l’aile droite restante manque. Par ailleurs, le château semble progressivement être démantelé, avec à nouveau les toitures manquantes sur les autres ailes. La petite partie restante de l’aile droite du bas disparait après 1989. Est ce que le château a été abandonné durant toute cette période? A partir de 1986, l’aile gauche du haut est démoli, jusqu’à être totalement recouverte par la végétation dans les années 90. Puis c’est au tour de l’aile droite du bas d’être démolie vers 1997. Aujourd’hui – en tout cas en 2010 – le château n’est composé plus que d’une aile et semble avoir été restauré.

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Aujoud’hui, seule la partie au centre existe encore
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Entrée du château, encore visible aujourd’hui
Paul LEROUX (vers 1672-1752)
2. Joseph LEROUX 
3. Jean Joseph LEROUX
4. Françoise Antoinette LEROUX
5. Modeste Augustine LEMOINE
6. Eugénie RENIMEL
7. Eugénie Augustine RENIMEL
8. Roger Charles LEMAIRE
9. Mon grand père maternel
10. maman
11. moi

 

 

#ChallengeAZ: H comme Haillicourt (62): la famille TIRTAINE

 

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Haillicourt (62), à 8km au sud de Béthune

Haillicourt, dans le Pas-de-Calais. C’est dans cette petite bourgade perchée sur une colline de l’Artois que l’on retrouve la famille TIRTAINE au début du XVIIIe.

Maximilien TIRTAINE, charpentier né à Haillicourt vers 1709, va se marier une première fois à l’âge de 30 ans, avec Marie Catherine CORNET, âgée de 36 ans, le 15 janvier 1739.

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L’église d’Haillicourt (source: cparama)

Ensemble, le couple va avoir 5 enfants en l’espace de 12 ans. Trois filles et deux garçons: Antoine (1741-1741), Renée (1742), Jeanne Claire (1744-1746), Marie Antoinette (1745-1810) et Jean Baptiste (1746-1751). Seulement 2 vont atteindre l’âge adulte.

Marie Catherine va décéder en février 1751 à l’âge de 48 ans, deux mois après le décès du dernier enfant du couple, Jean Baptiste. Ayant à charge ses deux filles âgées de 6 et 9 ans, et qui, ont peut l’imaginer, ne pouvait pas tellement aider leur père charpentier dans son travail, Maximilien va avoir besoin d’une femme rapidement. C’est pourquoi il se remarie deux mois plus tard avec Marie Louise DHAISNE. Cette dernière est âgée de 33 ans et vit encore auprès de ses parents à Haillicourt. Le couple va avoir 6 enfants: Maximilienne (1752-1754), un enfant mort né et Hugues Joseph (1753-1820), jumeaux, Etienne Gaspard (1755), Marie Anne (1755-1824), mon ancêtre, et Philippe Joseph (1760).

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Arbre de Maximilien TIRTAINE

Maximilien décède en 1761 à l’âge de 52 ans. Il va laisser seule Marie Louise qui va se retrouver avec va se retrouver seule avec cinq enfants à charge, la plus âgée ayant 19 ans – Renée Joseph, née de la première union – et le plus jeune à peine 10 mois. Malgré sa situation,  elle ne se remariera pas et décèdera en 1795 à l’âge de 77 ans.

Quant à Marie Anne, après avoir épousé Barthélémy GODART, tisserand de 26 ans, le 18 octobre 1779 à Haillicourt, elle suivra son époux à Barlin où elle passera le reste de sa vie.

Maximilien TIRTAINE (1709-1761)
2. Marie Anne Joseph TIRTAINE
3. Marcelline Joséphine GODART
4. Florentin DEBUNE
5. Emma Virginie DEBUNE
6. Louis COUTIER
7. Anne Marie COUTIER
8. Ma grand-mère maternelle
9. maman
10. moi

 

 

#ChallengeAZ: G comme Grandfresnoy (60): Marie Louise SAILLARD

Grandfresnoy dans l’Oise. C’est là que vit Marie Louise SAILLARD en 1781, au moment de son union avec Pierre GOUJAT.

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Grandfresnoy (60), à une dizaine de kilomètres au Nord de Pont Sainte Maxence.

7 mai 1781. C’est ce jour là que Pierre Nicolas François GOUJAT, âgé de 23 ans, épouse Marie Louise SAILLARD, de deux ans son aînée. Chose peu habituelle à cette époque, le mariage à lieu à Vaudherland (95), dans le Val d’Oise: c’est le village natal de l’époux – et non dans celui de l’épouse. C’est donc plus de 45km que l’épouse a du parcourir pour épouser son futur mari !

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Extrait de l’acte de mariage de Pierre GOUJAT et Marie Louise SAILLARD, le 7 mai 1781 à Vaudherland (95), cote 3 E 172 4 (source: AD95)

Qu’est ce qui à été à l’origine de cette rencontre et a motivé un tel déplacement? A ce stade de mes recherches, je l’ignore. Pierre GOUJAT étant paveur, il est possible que ce soit à l’occasion d’un déplacement dans le cadre de son travail qu’il ait rencontré Marie Louise à Grandfresnoy.

Le couple va donner naissance à 9 enfants entre 1782 et 1802:
Nicolas François (1782-1782)
Madeleine Nicole (1784-1784)
Jean Pierre (1786-1786)
Pierre Jean (1788-1856), mon ancêtre
Marie Ambroise (1790-1790)
Pontian Joseph (1793-1793)
Charlotte Nivose (1794-1795)
Denis Messidor (1799-1878)
Françoise Louise Elizabeth (1802-1803)

Vous l’aurez compris, sur les 9 enfants, seuls 2 parviendront à l’âge adulte.

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Arbre de Marie Louise SAILLARD

 

Le couple restera toute sa vie à Vaudherland, et jamais Marie Louise ne remontera dans sa région natale. Elle décèdera le 11 octobre 1830, à l’âge de 74 ans et son époux Pierre la suivra en décédant le 19 aout 1831, à l’âge de 73 ans.

Marie Louise SAILLARD (1755-1830)
2. Pierre Jean GOUJAT
3. Louise Marguerite GOUJAT
4. Jules René GALLOIS
5. Andréa Maria GALLOIS
6. Léone Octavie SONNIEZ
7. Mon grand-père maternel
8. maman
9. moi

 

 

#ChallengeAZ: F comme Ferfay (62): La famille Debune

 

Ferfay
Ferfay (62), à 20 kilomètres à l’Ouest de Béthune

Ferfay, dans le Pas-de-Calais. C’est là, dans cette petite commune de 300 habitants environ, que vont s’installer mes ancêtres Constantin DEBUNE (ou DEBUSNE) (1781-1858) et Marcelline GODART (1783-?).

Constantin Marie DEBUNE est né le 7 septembre 1781 à Barlin (62). A la tête d’une fratrie de 8 garçons, il va rapidement aider son père Joseph, maçon, et apprendre le métier. Sa mère, Marie Anne Joseph CARPENTIER, va quant à elle veiller à l’éducation de ses frères, dont le plus jeune naîtra au 18 ans de Constantin. En 1803, Joseph décède à l’âge de 51 ans. Constantin se retrouve alors à être l’homme de la famille.

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Extrait de l’acte de naissance de Constantin DEBUNE du 7 septembre 1781, AD62, cote 5 MIR 083/1 (1665-an XI)

large-2Après son service militaire, Constantin épouse Marcelline GODART, une jeune fille du village, âgée de 2 ans de moins que lui. Le mariage est célébré le mercredi 3 février 1808 dans la petite église de Barlin.

Le couple va avoir 7 enfants. Les quatre premiers, Sophie Joseph en 1808, Constantin et Adèle, jumeaux, en 1810 et Euphrosine en 1812 vont naître dans le village natal de leurs parents, à Barlin. Après cette date, le couple et leurs 3 enfants – Adèle étant décédée quelques jours après sa naissance – vont partir pour Ferfay, à une vingtaine de kilomètres de Barlin. Qu’est ce qui va les pousser à s’éloigner de chez eux? Le travail? Mystère.

C’est dans cette même ville que se marie le frère de Constantin, Balthazar en 1817. Ce dernier y a certainement rencontré sa future épouse, Rosalie BOULINGUEZ, native de Ferfay, lorsqu’il rendait visite à son frère. Constantin sera témoin au mariage. Contrairement à son frère aîné, Balthazar repartira pour Barlin auprès de ses frères avec sa jeune épouse.

Revenons donc à Ferfay, où Marcelline va donner naissance à 3 autres enfants: Florentin, mon ancêtre, en 1815, Louis François Joseph en 1817 et Marie Virginie en 1819.

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Arbre de Constantin DEBUSNE (Cliquez pour agrandir)

Une recherche rapide va me permettre de trouver la maison où la famille Debune vivait en 1816. Celle ci se trouve au croisement de la Chaussée Brunehault et du Chemin Neuf (aujourd’hui Rue Roger Salengro). Elle appartient à la famille Dhinnisdal et consiste en un manoir composé de deux maisons et d’une grange.

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Extrait du plan cadastral de Ferfay de 1831, Section A, deuxième feuille, AD62, 3 P 228/11

 

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L’emplacement de la maison (qui ne semble pas être d’origine sur la photo) où vivait la famille Debune, (source: GoogleStreet view).

On retrouve donc la famille sur les listes des recensements de Ferfay. En 1820, ils sont recensés avec leurs 5 enfants. Seul Constantin, le deuxième de leur enfant, n’est pas avec eux: ni sur ce recensement ni sur les autres. Je n’ai pas trouvé son acte de décès dans les communes de Ferfay et Barlin, mais son absence des différents recensements laisse penser qu’il est mort en bas âge (ou en tout cas avant 1820).

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Recensement de 1820, Ferfay, AD62, M 3736

On les retrouve à nouveau en 1831 et 1836, toujours au même endroit, dans la même maison.

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Recensement de 1831, Ferfay, AD62, M 3790
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Recensement de 1836, Ferfay, AD62, M 3838

En 1836, Euphrosine, leur fille de 24, a quitté la maison après s’être mariée un an auparavant, avec François BOUXIN. Elle n’est cependant pas allée bien loin: elle vit dans la maison voisine de ses parents.

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Recensement de 1841, Ferfay, AD62, M 3876

En 1841, c’est au tour de Louis de ne plus être recensé dans la maison familiale. Son absence s’explique certainement par son âge: Louis a 24 ans, et il est à ce moment très certainement ailleurs pour exercer son service militaire.

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Recensement de 1846, Ferfay, AD62, M 3907

Le recensement de 1846 précise que la famille vie Chaussée Brunehault, nom couramment donné aux rues principales qui traversaient les village. Florentin a désormais quitté le foyer depuis 2 ans comme nous allons le voir par la suite, mais la famille accueille un pensionnaire, Victor DURANEL, âgé de 26 ans, et très probablement originaire de Barlin, comme Constantin et Marcelline.
Enfin, Constantin n’est plus recensé comme maçon mais comme cultivateur.

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Recensement de 1851, Ferfay, AD62, M 3939
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Recensement de 1856, Ferfay, AD60, M 3979

Les années passent à Ferfay. Les enfants Debune se marient, quittent leurs parents, mais ne vont jamais trop loin en emménageant dans la maison d’à côté – certainement une dépendance de la maison – à Ferfay. Seule Sophie, la fille aînée, veille sur ses parents. Elle restera célibataire toute sa vie – « vieille fille » comme on peut dire encore aujourd’hui.

Le 31 janvier 1858, Constantin DEBUNE décède. Il a alors 76 ans. Sa femme et sa fille Sophie, desormais seules, ne vont pas vivre longtemps après lui: Sophie décède en 1863 à 54 ans et Marcelline 3 ans plus tard, en 1866. Louis, parti de chez ses parents pour vivre seul dans une petite maison à quelques pas de chez ses parents, décèdera également à l’âge de 45 ans, en 1862.

Florentin sera le seul enfant de la famille a avoir réellement quitté Ferfay. Parti entre 1841 et 1844 pour Ham-en-Artois, à 10km de Ferfay, il y épouse Adeline ALEXANDRE. Le couple va s’installer à Saint-Hilaire-Cottes (02), commune de l’Aisne (mais à seulement sept petits kilomètres de Ferfay!)

Il est à ce jour le plus vieil ancêtre dont je possède un portrait, grâce à une super peinture, elle aussi retrouvée dans la fameuse commode de la famille Coutier. Déchirée en deux, elle a pu être reconstituée grâce à un peintre. Non datée, il est fort probable que le portrait représente Florentin dans les années 1860-1870.

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Peinture de Florentin DEBU(S)NE (source: archives personnelles)

 

Constantin Marie DEBUSNE (1781-1858)
2. Florentin DEBUSNE
3. Emma Virginie DEBUNE
4. Louis COUTIER
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand-mère maternelle
7. maman
8. moi

 

#ChallengeAZ : E comme Estaimpuis (BE): légende familiale

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Estaimpuis, dans la Province du Hainaut, situé à 9km à l’Est de Roubaix.

Depuis petite, j’ai toujours su et entendu que j’avais des origines belges. Une certitude: au moins un quart de mon ascendance prend racine en Belgique. En effet, ma grand-mère paternelle est née à Dampicourt, Province du Luxembourg, et toute sa famille est originaire de ce coin là aussi loin que les registres nous permettent de l’attester. En revanche, du côté de ma grand-mère maternelle et plus particulièrement de mon arrière-grand-mère maternelle, on m’a toujours dit que nos ancêtres venait du Nord de la France « et de Belgique ». Pas étonnant et presque logique, l’émigration belge vers la France étant importante et ce dès la fin du XIXe siècle. Mais qu’en est-il vraiment si on se penche sur l’origine de cette partie de la famille?

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Mon ascendance, avec en orange la branche belge de ma grand-mère paternelle

 

Ma grand-mère étant née en Tunisie, regardons à partir de la génération d’au dessus et prenons comme point de départ de nos recherches mon arrière-grand-mère maternelle, Anne Marie COUTIER. Souvenez vous, ses parents sont Louis COUTIER et Isabelle PAUX, dont j’ai longuement détaillé le quotidien sous la guerre de 14-18. Regardons de plus près leur ascendance:

Isabelle PAUX: ses parents Adolphe PAUX et Zulma LEGRAND sont tous deux originaires de Mouvaux et de Wambrechies (59), commune de la banlieue de Lille.

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L’ascendance se répartie donc entre le Nord et le Pas-de-Calais, à l’exception de la branche VERBEKE/VANDERBEKE, originaire de Ledegem en Flandre Occidentale. On pourrait imaginer que les racines belges viennent de là, mais la situation de cette branche est antérieure à 1756, et cela parait bien trop loin pour nous aujourd’hui pour que les « origines » belges viennent de là et soient encore d’actualité dans la mémoire familiale…

Louis COUTIER: comme je l’ai déjà évoqué lors de différents articles sur le blog, la famille COUTIER est originaire des Ardennes, et plus précisément de Barby. Avant de remonter jusque là, le père de Louis, Ludovic, est né dans l’Aisne. Sa mère, Emma, est quant à elle née dans le Pas-de-Calais. Après leur mariage, le couple s’est installé à Lille, dans le Nord. Il vont y avoir 3 enfants. Et ensuite? Ludovic et Emma, et leurs enfants (au moins Eugène et Louis) vont passer la frontière franco-belge entre 1893 et 1904 et passer le reste de leur vie à Estaimpuis, dans la Province du Hainaut. Emma y décèdera le 30 juin 1905 et Ludovic le 18 novembre 1913.

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Ludovic Coutier (source: archives personnelles)

Il y a fort à parier que cette légende familiale vient de là: les grands parents de mon arrière-grand-mère vivaient et sont morts en Belgique (et il était alors donc plus facile de dire qu’ils étaient Belges!).

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Moralité de l’histoire: toujours vérifier les sources orales !

Ludovic COUTIER (1842-1913)
2. Louis COUTIER 
3. Anne Marie COUTIER
4. Ma grand-mère maternelle
5. maman
6. moi