Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 7: les LEGRAND

Poursuivons notre aventure au fil des patronymes de l’ascendance de mon arrière grand-mère maternelle.

Aujourd’hui, nous allons évoquer les LEGRAND. Il est vrai que j’affectionne tout particulièrement cette branche, et ce d’autant plus car de nombreuses photographies ont été conservées par mon arrière arrière grand-mère Isabelle PAUX épouse COUTIER. En effet, les familles COUTIER/PAUX et LEGRAND étaient particulièrement proches. Isabelle PAUX fréquentait très souvent ses cousins et cousines germains et pour cause: nous le verrons un peu plus loin dans cet article mais sa mère, Zulma LEGRAND n’a eu qu’un seul frère, Jules Aimé Désiré Marie LEGRAND, déjà évoqué lors d’un article sur son inventaire après décès. Isabelle avait donc des liens très proches avec les enfants de Jules.

Notre point de départ de cette branche et pour cet article est Charles Louis Joseph LEGRAND, né en 1779 à Wambrechies (59) et décédé dans la même ville en 1807, à seulement 28 ans. La famille LEGRAND – aussi loin que je suis remontée dans l’ascendance de Charles Louis Joseph LEGRAND – est originaire de cette ville de Wambrechies. Certains arbres en ligne donnent comme origine à cette branche la ville de Frelinghem (toujours dans la région de Lille). Comme les CASTEL auquel elle est alliée, la famille LEGRAND est une famille de bouchers. Cependant, et à la différence des CASTEL précédemment cités, la descendance de Charles Louis Joseph LEGRAND ne va pas compter uniquement des bouchers: d’autres professions vont s’ajouter à l’arbre au gré des mariages et des études que vont mener certains descendants.

Wambrechies au début du XIXe siècle sur le cadastre consulaire (source: AD59)

Concernant le nom de famille LEGRAND, celui-ci est extrêmement commun en France, et il serait difficile ici de lui donner une signification bien précise à part que celui revoit à une personne de grande taille. En effet, d’après Filae, le nom de famille LEGRAND est le 38e nom de famille le plus porté en France! On le retrouve partout, mais surtout en majorité dans la moitié Nord de la France, et plus particulièrement dans le Nord et le Pas-de-Calais.

Aujourd’hui, il n’existe que probablement très peu de descendants de Charles Louis Joseph LEGRAND portant encore ce nom de famille. En effet, ce dernier n’a eu que quatre enfants, et parmi eux seulement deux garçons. Du côté de Charles Florimond Joseph, son premier fils né en 1803, il va y avoir pour la grande majorité une descendance féminine et le nom LEGRAND va se perdre au fil des mariages. Seul un de ses descendants, son arrière petit fils Jules Charles Louis LEGRAND né en 1907, employé de tramway, a eu des enfants et peut-être des petits enfants qui portent encore son nom aujourd’hui.

Lille et son tramway sur la Grand’Place (source: delcampe)

Nous retrouvons ce même phénomène du côté du second fils de Charles Louis Joseph LEGRAND, mon ancêtre Florimond Joseph LEGRAND, né en 1804. Ce dernier n’a eu que deux enfants, mon ancêtre Zulma LEGRAND et son frère Jules Aimé Désiré Marie LEGRAND, marchand boucher renommé de Roubaix (et c’est exactement cette branche et sa généalogie descendante qui me passionnent!). En effet, la famille de Jules Aimé Désiré Marie LEGRAND était proche de celle d‘Isabelle PAUX, sa nièce. J’ai de nombreux portraits de chacun de ces individus qui ont tous eu un parcours riche et passionnant. Malheureusement, leurs descendants sont peu nombreux et je ne parviens pas totalement à les identifier (et en particulier ceux qui porteraient encore aujourd’hui le nom LEGRAND).

Jules Aimé Désiré Marie LEGRAND a eu 6 enfants, parmi lesquels 3 garçons: Jules, Adolphe et Maurice. Il est probable que notre lieutenant de vaisseau, Jules LEGRAND, décédé prématurément à Brest en 1910, ait eu des petits-enfants – qu’il n’a donc pas connu. Difficile de les retrouver, nous arrivons là à des périodes trop proches de nous et la mise en ligne d’archives n’est pas égale d’un département à l’autre… Concernant son plus jeune frère Maurice, décédé à Roubaix en 1961, je ne lui trouve aucun enfant, à part une petite fille décédée en bas âge au début du XXe siècle. Enfin, en ce qui concerne Adolphe, ingénieur des mines mort pour la France en 1915, je peine là aussi à retrouver la traces de ses enfants – identifiés – et de ses éventuels petits enfants. En effet, il a quitté son Nord natal pour rejoindre Tocqueville en Algérie Française (où il aura deux enfants) puis pour rejoindre la Serbie et plus précisément Majdanpek au Sud-Est de Belgrade. Là bas, il travaille pour les compagnies françaises qui exploitent des mines de phosphate et de cuivre. Malheureusement, je ne retrouve pas la trace de son fils, né à Tocqueville en 1910.. Ses enfants – si il en a eu – seraient alors la deuxième et dernière branche descendante de Charles Louis Joseph portant encore le nom de LEGRAND.

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 6: les CASTEL

Poursuivons notre série avec un nouvel épisode concernant cette fois-ci la branche CASTEL. Ceux qui ont des ancêtres dans le Nord où qui y font des recherches ne seront pas surpris de retrouver ici, dans une ascendance « 100% chti », le nom de CASTEL. En effet, ce patronyme se retrouve très fréquemment dans les pages des différentes registres paroissiaux et d’état-civil de la région. En effet, ce nom de famille, qui renvoie un mot « château », est largement porté dans le Nord de la France avant le XIXe siècle. On le retrouve également sous la forme de CASTELLE, CASSEL.. Une recherche rapide sur l’étymologie et l’origine de ce nom m’apprends que l’on retrouve finalement des CASTEL un peu partout en France, et en particulier dans le Sud de la France et en Bretagne.

Aussi loin que je suis remontée sur cette branche (c’est à dire vers la fin du XVIIe siècle), mes CASTEL sont originaires de Frelinghien, une petite commune du Nord entre Lille et la frontière belge actuelle. Le village appartient par ailleurs jusqu’en 1713 au Pays-Bas du Sud. Deux de mes ancêtres portant le nom de CASTEL (mes sosas 1000 et 2000) sont donc nés dans une province qui n’appartenait alors pas encore à la France.

Carte de Cassini (source: gallica)

Notre point de départ du jour est Louis Joseph CASTEL, né en 1759 à Quesnoy-sur-Deûle et décédé dans cette même ville en 1824. C’est son père, Pierre François, né à Frelinghien en 1721, qui va venir s’installer à quelques kilomètres de sa ville natale, à Quesnoy-sur-Deûle. Comme lui, Louis Joseph est boucher. Sa boutique se situe non loin du pont, et toute la famille contribue au bon fonctionnement de la boucherie.

Famille de bouchers devant leur boucherie à Paris au début du XXe siècle (source: geneanet)

Toute la descendance de Louis Joseph CASTEL – presque sans exception – va exercer la profession de boucher: les hommes vont être bouchers, tandis que les femmes vont se marier avec des bouchers (ou alors exercer également ce métier auprès de leurs frères pour celles qui ne se marieront pas). Parmi les quelques rares exceptions qui vont déroger à la règle, on retrouve mon ancêtres Seconie Espérance CASTEL, qui va épouser François Joseph PAUX, charpentier !

Jusqu’au début du XXe siècle, les descendants de Louis Joseph vont se concentrer principalement à Quesnoy-sur-Deûle et à Linselles. A son décès en 1824, il transmet à sept enfants encore en vie sa boucherie tout près du pont qui permet aux habitants de traverser le canal de la Deûle. La famille CASTEL compte parmi les 3 bouchers qui exercent dans cette commune de 4000 habitants.

Situation de la boucherie (en jaune) sur le cadastre de 1868 (source: AD59)

Cette boucherie, située au coeur du bourg côte rive sud, fait face au Quai et au canal de la Deûle. Tous les enfants encore en vie de Louis Joseph CASTEL vont donc en hériter, mais elle va revenir in fine aux enfants de Sophie Joseph CASTEL, épouse DELEVOYE, dernière décédée de la fraterie, et en particulier à son fils Henri (1846-1913). Après son décès à la veille de la guerre, la boucherie revient à ses quatre enfants – tous bouchers, mais installés sur Lille, Saint-André et en Mayenne (la première guerre aura poussé la famille jusqu’à Loiron, où l’un des fils Delevoye s’établiera). Finalement, la ville rachète en 1932 les immeubles et les terrains sur le quai afin de réaménager le canal de la Deûle. Il n’y aujourd’hui plus aucune trace de la boucherie qui a appartenue à la famille CASTEL puis DELEVOYE durant près de 150 ans.

On peut apercevoir une partie de la devanture de la boucherie des CASTEL/DELEVOYE, dans le bâtiment à gauche de la photographie. Le bâtiment appartenait également à la famille CASTEL/DELEVOYE. (source: delcampe)

La ville du Quesnoy-sur-Deûle va être durement touchée durant la première guerre mondiale: elle est détruite à plus de 95% et déplore 45 morts de civils. Toute sa population sera évacuée à partir de 1917 dans les villes alentours, et peu nombreux sont les habitants qui reviendront à la fin de la guerre. Il est fort probable que la boucherie n’est pas été épargnée par les destructions, ce qui explique peut-être qu’elle ait été « abandonnée » par les CASTEL/DELEVOYE.

Destructions de la ville en 1914-1918 (source: delcampe)

La ville sera à nouveau occupée par les allemands durant la seconde guerre mondiale. Concernant les CASTEL, tous auront déjà quitté le Quesnoy-sur-Deule, à l’exception d’Antoinette Louise Désiré CASTEL (1890-1960), épouse DESREUMAUX, arrière-arrière petite fille de notre point de départ Louis Joseph CASTEL.

(source: delcampe)

Dès le début du XIXe siècle, une grande partie de la descendance de Louis Joseph va se trouver à Linselles (59), ville mentionnée une première fois lors de mon précédent article sur les PAUX. C’est son fils Louis Séraphin Joseph (1787-1867) qui va s’y établir juste après son mariage en 1813. Dans cette petite ville distante de moins d’une dizaine de kilomètres de Quesnoy-sur-Deûle, Louis Séraphin va y installer sa propre boucherie tout près de l’église, rue du Curé – aujourd’hui rue Pasteur. Concernant ses enfants qui resteront sur Linselles, ils tiendront leur propre boucherie rue de la Bassée – rue toute proche de l’église, devenue aujourd’hui rue du Général de Gaulle – et rue de Lille.

Le Quesnoy-sur-Deûle et Linselles sur les cartes d’Etat-Major (1820-1866) (source: geoportail)

Comme indiqué sur le tableau généalogique représentant la descendance des CASTEL, il existe encore aujourd’hui des descendants de Louis Joseph portant le nom de CASTEL, tous issus plus précisément de Louis Zéphirin CASTEL: si vous rencontrez un boucher dans la région de Lille portant le nom de CASTEL, pensez à moi !

Louis Joseph CASTEL (1759-1824)
2. Séconie Espérance Joseph CASTEL
3. Adolphe Joseph PAUX
4. Isabelle PAUX
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand mère maternelle
7. maman
8. moi

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 5: les PAUX

Nous arrivons déjà à la moitié de notre aventure, et, avec ce nouvel épisode, nous basculons du côté de l’ascendance maternelle de mon arrière-grand-mère. Nous allons voir qu’ici et notamment dans les articles qui vont suivre, mes ancêtres et leurs descendants, toujours originaires du Nord de la France, ont aussi vécu la révolution industrielle mais de « l’autre côté », en capitalisant sur celle-ci.

Débutons donc par la branche PAUX, qui est le patronyme de la mère de mon arrière grand-mère, Isabelle PAUX. Plus besoin de la présenter: j’ai consacré mon premier challenge AZ à cette femme – et quelle femme ! – et à sa famille durant la Première Guerre Mondiale.

Nous allons donc voir aujourd’hui la descendance de l’arrière grand-père d’Isabelle PAUX, Jean Philippe Joseph PAUX (1759-1845). Mais avant cela, revenons sur ce patronyme.

Difficile de connaitre l’origine de ce nom de famille PAUX (orthographié PAU avant la révolution française). On ne peut s’empêcher de penser à la ville de Pau, dans les Pyrénées, mais problème: ici il s’agit d’individus originaires du Nord de la France (donc à plus de 1200 km de la ville de Pau) et ce patronyme se concentre en particulier dans cette région. En revanche, il n’y pas grand-chose du côté du Sud Ouest de la France… Cette piste reste cependant envisagée, d’autant plus que lorsqu’on remonte les générations, on retrouve le nom « de PAU« …. Mes PAUX sont, comme je le disais un peu plus haut, établis dans le Nord et plus particulièrement autour de Lille (Bondues, Lambersart, Verlinghem…)

Pour cet article concernant la branche PAUX, notre ancêtre de départ est Jean Philippe Joseph PAU, né en 1759 à Bondues (59) et mort en 1845 à Linselles (59). Descendant d’une famille de laboureur, il va être le premier à exercer le métier de charpentier. Sa descendance restera dans le même domaine et se transmettra ces compétences de générations en générations puisque quasiment tous les hommes jusqu’au début du XXe siècle sont charpentiers ou menuisiers. Et justement, parlons en de sa descendance: si aujourd’hui il existe encore très probablement des individus portant le nom de famille de Jean Philippe, transmis de père en fils, ce nom de famille a perdu son X et nous rappelle le nom de famille d’origine, porté avant la révolution, c’est à dire « PAU« . Toute sa descendance se concentre à Lille et dans son agglomération au début du XXe siècle.

Grand’Place de Lille (source: geneanet)

C’est seulement du côté de la branche de mon arrière grand-mère maternelle que le nom PAUX avec un X est resté, et c’est de cette façon là qu’il était orthographié sur les actes concernant mon arrière-arrière grand-mère Isabelle PAUX – je ne parlerai pas de signature puisqu’elle signait avec son nom d’épouse, à savoir COUTIER.

Le dernier homme portant ce nom de famille – orthographié de la sorte donc – est le frère d’Isabelle PAUX, Georges, à qui j’avais consacré un article lors de mon premier ChallengeAZ. Georges PAUX décèdera sans laisser de descendance le 15 novembre 1959 à Mouvaux (59).

Jean Philippe Joseph PAUX (1759-1845)
2. François Joseph PAUX
3. Adolphe Joseph PAUX
4. Isabelle PAUX
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand mère maternelle
7. maman
8. moi

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 4: les ALEXANDRE

Cette semaine, nous allons explorer la branche ALEXANDRE et pour cela nous allons rester encore un peu dans le Pas-de-Calais.

Je ne vous cache pas que les recherches autour des descendants de cette branche ont été fastidieuses et qu’il est fort probable que plusieurs individus m’aient échappés. Il y a très certainement encore aujourd’hui des descendants de mon ancêtre – qui sera notre point de départ du jour – Dominique Joseph ALEXANDRE. En effet, il a eu de nombreux enfants et petits-enfants et parmi eux beaucoup de garçons. Avant de revenir sur tout ça, faisons un petit pas de côté sur l’origine de cette branche.

Ham-en-Artois (source: Delcampe)

Le patronyme ALEXANDRE est un patronyme assez répandu, et en particulier dans la moitié Nord de la France. Mes ALEXANDRE sont originaires du Pas-de-Calais (62) et plus particulièrement de Ham-en-Artois, une petite ville située à moins de 20km de Béthune. Jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, mes ancêtres, en remontant chaque génération, ont occupé des fonctions de chirurgiens et de médecins. Cette tradition familiale s’arrête après Dominique Joseph ALEXANDRE (1776-1828), officier de santé, et notre point de départ pour cette article.

Comme je l’indiquais un peu plus haut, Dominique va être le dernier des ALEXANDRE à faire usage de la médecine. Le Nord de la France traverse après 1850 de grandes transformations du fait de la révolution industrielle. Les villes s’urbanisent, et les usines sortent de terre. Aussi, la descendance de Dominique va être représentative de cette génération d’ouvriers vivants dans une région en pleine mutation. Les uns et les autres vont s’installer là où il y a du travail: nombreux sont ceux qui, en tant que cordonniers, vont vivre du côté de Lillers, où l’usine de chaussure Fanien-Deliles fait vivre une partie de la ville; d’autres vont se rapprocher des nombreuses acieries que compte la ville de Isbergues tandis que d’autres vont être embauchés dans les mines de Marles.

Arrêtons nous quelques instants sur ces différents éléments qui ont fait la vie de ces gens là, et en particulier les enfants et petits enfants de Louis Joseph Dominique ALEXANDRE (1804-1887), frère de mon ancêtre Adeline Augustine ALEXANDRE (1820-1872).

Edouard ALEXANDRE (1844-1909), cousin germain de Florentin DEBUSNE (lui même fils d’Adeline Augustine ALEXANDRE), est né dans la ville de Lillers, non loin de là où un petit atelier de chaussures est dirigé par Charles FANIEN, un cordonnier de la région. En 1860, ce petit atelier connait le tournant de l’industrialisation: les frères FANIEN agrandissent l’atelier qui devient alors une manufacture. Ils investissent dans les machines, de façon à augmenter la production de chaussures: celles-ci sont construites de façon mécaniques, et alors que les cordonniers travaillaient encore depuis chez eux avant ces grandes mutations, ils sont appelés pour la majorité à être présents dans l’usine afin d’exécuter un travail automatisé. La manufacture de chaussures fera vivre plus de 1500 personnes et produira jusqu’à 1000 paires de chaussures par jour. Le développement de l’usine va considérablement impacter la ville de Lillers, et les FANIEN vont y construire des logements, des coopératives, un hospice de façon à en faire bénéficier les ouvriers. Edouard et la plupart de ses enfants vont travailler au sein de l’usine de chaussure durant de nombreuses années. L’usine fermera définitivement ses portes en 1951.

Ces nouveaux rythmes de travail au sein des usines sont éprouvants et mettent les corps à rude épreuve. Les conditions de vie sont elles aussi difficiles: nombreux sont ceux qui vont habiter dans les corons, qui sont des petites maisons étroites peu lumineuses destinées aux ouvriers – et en particulier aux mineurs. Dans la descendance de Dominique Joseph ALEXANDRE, son petit fils Edouard Joseph (1867-1955) et sa descendance va vivre un temps dans le coron de Pont-à-Balques à Isberges. Ces corons vont être construits à la fin du XIXe siècle en périphérie de la ville pour faire face à l’arrivée massive d’ouvriers venus travailler dans les aciéries de la ville. En effet, Isbergues qui ne compte que 1000 habitants en 1880 voit sa population quadrupler à la veille de la Grande Guerre. En 1880, la Société des Acieries de France décide de faire construite à Isbergues une usine de sidérurgie spécialisée dans la production de rails en acier pour les chemins de fer. Cette usine va faire vivre une grande partie de la ville et des alentours et emploie jusqu’à 3000 personnes en 1913. Durant la première guerre mondiale, les ouvriers qui ne sont pas mobilisés à l’avant sur le front participent activement à l’effort de guerre en y fabriquant des obus – cela sera le cas de Fernand Augustin (1893-1965), qui malgré son jeune âge, va être au sein de l’aciérie durant une bonne partie de la guerre. L’usine sera une cible privilégiée des allemands et bombardée à de nombreuses reprises.

Ces constructions nouvelles (usines, logements ouvriers), vont venir profondément modifier le paysage urbain de cette région de la France.

Isbergues sur les cartes d’Etat-Major (1830) et en 1950. On peut voir sur la seconde carte toutes les constructions (corons, aciéries, chemin de fer) à l’Est de la ville (source: geoportail)

Dominique ALEXANDRE (1883-1956), un des arrière petits-fils de notre point de départ du même nom, va quant à lui exercer le travail de mineur pour la compagnie des mines de Marles. La révolution industrielle va entrainer l’exploitation des mines de charbon afin de répondre aux besoins en énergie des usines pour faire fonctionner les machines et les hauts fourneaux. Exploitées dès 1857, les mines de Marles comptent en 1904 près de 5300 ouvriers dont 4200 mineurs. La production de charbon est exponentielle durant tout le XXe siècle mais de nombreuses raisons – dont l’extraction qui devient de plus en plus coûteuse – vont conduire à leur fermeture progressive. Le puit n°2 de la mine de Marles cesse définitivement son activité en 1974.

Vous l’aurez compris, la descendance de Dominique Joseph ALEXANDRE va se concentrer aux alentours de Ham-en-Artois, ville d’origine des ALEXANDRE. Cependant, un seul descendant, Polycarpe ALEXANDRE (1818-1888), fils de Dominique Joseph, va quitter le bassin minier et les briques rouges des villes ouvrières et s’exiler en Bretagne. Là bas, il va être chef éclusier sur le Blavet – un cours d’eau qui prend sa source dans les Côtes-d’Armor et qui se jette dans l’Atlantique tout près de Lorient. Il va s’installer sur différentes communes de Morbihan et des Côtes-d’Armor, au fil des missions qui lui sont confiées. Loin du tumulte des usines et complètement coupé de sa famille, il va vivre au bord de l’eau avec sa famille et finira sa vie sur le canal de Brest à Nantes dans la ville de Glomel (22).

Maison de l’écluse de Kerangall à Glomel, où Polycarpe ALEXANDRE a vécu les 20 dernières années de sa vie (source: Patrimoine Région Bretagne)

Même si les recherches ont été difficiles, la généalogie descendante m’a permis ici de me replonger dans l’histoire du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, en me permettant de me rapprocher et d’imaginer ce qu’à pu être la vie de ces hommes et de ces femmes, dont la vie à été rythmée par les importantes mutations de la fin du XIX siècle.

Aujourd’hui, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et ses différents sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et la région tente de mettre en avant ce passé historique et ce riche patrimoine ouvrier.

Dominique Joseph ALEXANDRE (1776-1828)
2. Adélaide Augustine ALEXANDRE
3. Emma Virginie DEBUSNE
4. Louis COUTIER
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand-mère maternelle
7. maman
8. moi

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 3: les DEBUSNE

Aujourd’hui, nous évoquons la descendance de mes ancêtres DEBUSNE – famille déjà évoquée lors du #ChallengeAZ de 2019. Pour le relire, cliquez ici.

Nous changeons à nouveau de département aujourd’hui pour découvrir la branche DEBUSNE – également orthographié DEBUNE. Allons donc un peu plus au Nord-Est de l’Aisne et plus précisément à une cent cinquentaine de kilomètre de Festieux, direction le Pas-de-Calais (62). C’est dans la petite ville de Barlin que commence notre histoire du jour, avec la naissance de Constantin DEBUSNE, le 7 septembre 1781. Mais d’abord, revenons un temps sur l’histoire de ce nom de famille.

Barlin (source: geneanet)

Difficile de connaitre l’origine du nom de famille DEBUSNE/DEBUNE: internet ne m’a pas été d’une grande aide sur ce coup là ! (EDIT: Renaud de Nos Racines Notre Sang me souffle à l’oreille qu’il y a la ville de Busnes dans le Pas-de-Calais, et celle-ci se trouve à quelques kilomètres du fief de mes ancêtres… Nous avons là une sacrée piste pour l’explication de ce nom de famille !). Les porteurs de ce nom de famille au XIXe siècle se trouvent quasi exclusivement sur le département du Pas-de-Calais. Mes DEBUSNE confirment cette règle et aussi loin que je suis remontée à ce jour (le travail sur cette famille est toujours en cours), je retrouve au début du XVIIIe siècle mes ancêtres sur la commune de Servins, tout près de Barlin. C’est une famille de maçons, qui, avec l’essor de l’industrie sucrière dans le nord de la France au XIX siècle, vont devenir fabricants de sucre.

Revenons donc à Constantin DEBUSNE, notre point de départ aujourd’hui.

Cliquer pour agrandir

Florentin DEBUSNE (1815-1880)

L’histoire de Constantin, je la raconte déjà lors d’un article où je suis allée à la recherche de sa famille dans les recensements de Ferfay (62) où il est parti s’installer après 1815. Son fils Florentin, mon ancêtre dont le portrait est resté dans les archives familiales, va se spécialiser dans la fabrication de sucre, à une époque où la France cherche à produire du sucre bon marché sur ses terres. En effet, la production sucre de betterave est développée et introduite en France par Napoléon en 1806 lors de la bataille du sucre, où un blocus maritime est imposé par les anglais: le sucre de canne venu des colonies française ne parvenant plus jusqu’à la France devient une denrée rare, ce qui fait exploser son prix. Une alternative pour remédier à cette crise s’offre à Napoléon: la découverte en 1747 par le chimiste Marggraf démontre que l’extraction de saccarose est également possible avec la betterave. Cette découverte donne la possibilité d’étendre la culture de ce légume et d’y fabriquer du sucre directement sur le continent, et plus particulièrement dans le Nord de la France. Cependant, les difficultés de mise en route de cette nouvelle production, la levée du blocus en 1816 et la réintroduction de la canne à sucre venu des colonies va causer le désintérêt pour la culture de betterave (ce qui va entrainer la fermeture de nombreuses fabriques). En revanche, l’abolition de l’esclavage en 1848 va rendre à nouveau cette filière compétitive: c’est dans ce contexte que mon ancêtre Florentin DEBUSNE (1815-1880) va devenir fabricant de sucre.

Le Ministre de l’intérieur présente à l’Empereur du sucre de betterave, David, 1807 (source: gallica)

Dès les années 1840, la production de sucre de betterave reprend et s’intensifie dans le Nord de la France: des sucreries ouvrent, l’industrie est en plein essor. Parmi elles, la sucrerie appartenant à Florentin DEBUSNE, située à Saint-Hilaire-Cottes (62). D’abord contremaître dans une fabrique de sucre à Ham-en-Artois d’où est originaire son épouse, il s’installe vers 1845 à Saint-Hilaire-Cottes, à quelques kilomètres de là. Il y installe sa propre fabrique de sucre. En 1856, il dépose un premier brevet pour l’invention d’un système d’économie chauffage dans la fabrication du sucre, puis il en dépose un second en 1870 concernant les procédés de défécation du jus de betterave.

Les sucreries autour de Béthune en 1874 (source: Gallica)

Avec l’aide de ses deux fils ayant atteint l’âge adultes (la mortalité infantile frappe de façon importante la famille DEBUSNE), Florentin fait fonctionner son industrie qui compte de nombreux ouvriers. Malheureusement, un drame touche le village de Saint-Hilaire-Cottes puisqu’une catastrophe causée par l’explosion de la machine à vapeur a lieu dans la fabrique au lendemain de Noël, le 26 décembre 1876 au petit matin. Le bilan est lourd: la catastrophe a causé la mort de 5 personnes, trois sont décédées sur le coup et deux sont décédées des suites de leurs blessures. Parmi ces victimes, on compte deux enfants de 9 et 12 ans, mortellement blessés par les projectiles de l’explosion. Le drame cause également une dizaine de blessés, ainsi que la destruction complète de la fabrique. Florentin DEBUSNE va prodiguer les premiers secours et sortir les victimes des décombres. Les pertes matérielles vont s’élever à 50,000frs et la sucrerie va être entièrement reconstruite. Florentin DEBUSNE va être à la tête de la fabrique jusqu’au 13 août 1880, date de sa mort. Après son décès, ses deux fils vont se séparer de la fabrique ainsi que de la maison familiale située au centre du village.

Bâtiment encore existant de la fabrique, au 60 rue Principale à Saint-Hilaire-Cottes (source: StreetView)

Il ne reste aujourd’hui aucun descendant de Florentin portant le nom DEBUSNE/DEBUNE. En revanche, il y a fort à parier que les porteurs du nom encore vivants aujourd’hui sont des cousins très éloignés, descendants de mes ancêtres ou de mes collatéraux.

Constantin Marie DEBUSNE (1781-1858)
2. Florentin DEBUSNE
3. Emma Virginie DEBUNE
4. Louis COUTIER
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand-mère maternelle
7. maman
8. moi

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 2: les ROUEN

Continuons d’explorer la descendance de chacun des 8 ancêtres masculins de mon arrière-grand-mère et d’analyser la transmission de leur patronyme: pour ce deuxième épisode, nous allons rester dans le même quartier de la roue d’ascendance et regarder du côté de la branche ROUEN.

Cette fois ci, nous changeons de département et partons pour l’Aisne (02) et plus précisément pour la petite ville de Festieux.

Ville de Festieux sur la carte de l’Etat Major (source: géoportail)

Pour présenter cette branche, j’ai du retravailler de façon très approfondie sur ses origines. En effet, en reprenant cette branche, je me suis aperçue que je ne savais rien sur les parents de notre ancêtre de départ, Pierre Antoine Athanase ROUEN, et que je connaissais juste le nom de ses grands-parents. Et pour cause, les registres de la commune de Festieux d’au delà de 1779 n’existent plus, et seuls une dizaine de noms des 700 habitants de cette petite commune reviennent dans les registres qui nous sont restés. Des ROUEN de Festieux dans mon arbre, j’en ai donc un bon nombre, et difficile de les relier entre eux: c’est donc un véritable jeu de piste durant lequel j’ai écumé les registres à la recherches du moindre indices ! Cet article m’aura donc permis de reprendre en peu tout ça et d’étoffer quelque peu mon ascendance ROUEN – mais ce n’est pas notre sujet ici !

Ici, notre point de départ est Pierre Antoine Athanase ROUEN, dernier d’une fratrie d’au moins dix enfants, né à Festieux le 14 mars 1799 – date connue grâce à son acte de mariage: les registres sous les années révolutionnaires sont lacunaires…

Les ROUEN sont une famille de vignerons. J’ignore tout de l’origine de ce nom de famille qui ne peut que nous faire penser à la grande ville de Seine-Maritime. Est-ce que mes ancêtres portaient ce nom car originaires de normandie? Je l’ignore. Il est cependant intéressant de noter qu’en remontant l’arbre des ROUEN – même si nous n’allons pas très loin – nous retrouvons un autre patronyme qui est celui de DESAVOIE…

Carte ancienne de Festieux (source: geneanet)

Pierre Antoine Athanase ROUEN va avoir seulement deux enfants de deux mariages différentes. Son second mariage est marqué d’une descendance assez masculine. Travaillant comme employés pour la compagnie des chemins de fer du Nord et de l’Est, les petits fils de Pierre Antoine Athanase vont être assez mobiles sur l’Est de la France, et vont vivre à différents endroits: Reims, Laon, Anzin, même dans les Vosges…

Je n’ai pu retrouver d’individus encore en vie portant le nom de ROUEN: je suis descendue jusqu’où les archives me le permettent. Il y a cependant aujourd’hui pas mal de chance pour que des descendants de Pierre Antoine Athanase portant son nom soient encore vivants.

Pierre Antoine Athanase ROUEN
2. Marie Louise Adélaide ROUEN
3. Ludovic COUTIER
4. Louis COUTIER
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand-mère maternelle
7. maman
8. moi

Les 8 ancêtres de mon arrière-grand-mère maternelle – épisode 1: les COUTIER

C’est un tweet de Renaud de Nos Ancêtres Notre sang à propos des descendants de son sosa 150 qui m’a donné l’idée dernièrement de m’intéresser aux patronymes de mes ancêtres et de leur transmission au fil des siècles.

En effet, on pourrait penser intuitivement que le nom de famille d’un ancêtre plutôt éloigné, ait été transmis de générations en générations et qui se soit vu être « multiplié », avec de nombreux individus dans la descendance portant le dit nom de famille. En réalité, entre ceux qui n’ont pas de descendance ou très peu, ceux qui ont beaucoup de filles qui, de fait, ne transmettent pas leur nom de jeune fille à leurs enfants… certains noms de familles disparaissent !

Anne Marie COUTIER et sa fille, ma grand-mère maternelle

J’ai donc voulu faire une petite analyse patronymique de ma généalogie en me focalisant précisément sur l’ascendance de mon arrière-grand-mère maternelle, Anne Marie COUTIER. J’ai toujours autant de plaisir à travailler sur cette branche – avec laquelle j’ai fait mes premiers pas en généalogie ! Pour cela, j’ai donc choisi de regarder les noms de famille des ancêtres de mon arrière grand-mère à la 5ème génération – ses arrière-arrières grands-parents – et plus particulièrement ceux des hommes, afin d’évaluer la transmission de leur patronyme nom de famille. Nous totalisons donc sur cette 5ème génération 8 noms de familles, portés par les arrières-arrières grands-pères d’Anne Marie COUTIER. Voyons dans quelle mesure ces noms ce sont transmis jusqu’à aujourd’hui.

Voici donc les 8 noms qui vont nous intéresser :

COUTIER – ROUEN – DEBUSNE – ALEXANDRE – PAUX – CASTEL – LEGRAND – CATTEAU

Cette série d’articles va me permettre de reprendre et d’actualiser mes différentes branches et de faire un peu de généalogie descendante, ce que j’adore. De plus, et vous l’aurez probablement remarqué dans la roue d’ascendance ci dessus, cette petite balade de branches en branches va nous conduire principalement dans le Nord de la France !

BRANCHE COUTIER

Pour le premier épisode de cette série, j’ai choisi de m’intéresser à la lignée patronymique de mon arrière grand-mère, et donc au nom de famille COUTIER. La branche COUTIER est une branche que j’affectionne particulièrement: c’est celle par laquelle j’ai commencé la généalogie en reprenant le travail laissé par ma grand-mère maternelle après son décès, c’est celle qui m’a posé une petite épine que j’ai réussi à retirer… c’est tout simplement celle sur laquelle j’aime travailler.

Voyons donc la descendances de Jean Baptiste COUTIER, ancêtre à la 5ème génération d’Anne Marie COUTIER – la présentation a été faite sur LucidChart et est fortement inspirée de celles créées par Brigitte de Chroniques d’Antan.

Cliquer pour agrandir

Notre point de départ est donc Jean Baptiste COUTIER, né à Château-Porcien dans les Ardennes (08) à en 1782 et décédé en 1812. J’apprends par les actes de mariage de ses enfants sa date de décès – les archives étant détruites – ainsi que sa profession de fabricant de laine. Sa date de naissance est quant à elle connue grâce au travail effectuée par ma grand-mère dans les années 80 lorsqu’elle s’était rendue à Château-Porcien.

Nom de famille et origine des COUTIER

Le nom de famille COUTIER est un nom que l’ont retrouve beaucoup dans le Nord-Est de la France et en particulier dans la Marne et les Ardennes. Il renvoi au métier de matelassier.
Aussi loin que je suis remontée (avec Thomas COUTIER, décédé avant 1730, mon sosa 1920 ancêtre à la onzième génération), ma branche COUTIER est originaire de Château-Porcien et est une famille principalement de marchands, et en particulier de marchands de laine. En effet, Château-Porcien se trouve non loin de Réthel et de Reims, villes économiques et stratégiques où se développe le marché de la laine et du tissage.

Le parfait négociant, L. Billaine, 1675

Reprenons donc notre point de départ, Jean Baptiste COUTIER. Très vite, on remarque que sa descendance va être plutôt mobile et se déplacer vers la Marne (51) – Reims n’est à une cinquantaine de kilomètres de Château-Porcien – et vers l’Aisne (02) – là aussi non loin de la ville d’origine – puis dans un second temps vers le Nord (59) et plus particulièrement Lille et sa banlieue. Enfin, sur les quatrième et cinquième génération de porteurs du nom COUTIER nous allons retrouver deux branches distinctes: l’une toujours dans le Nord, et l’autre partie pour la Tunisie.

Quoiqu’il en soit, il n’y a aujourd’hui plus aucun descendant de notre Jean Baptiste vivant à Château-Porcien et j’irai même plus loin: il est peu probable qu’il y ait des COUTIER avec lesquels je cousinerais encore sur cette ville puisque lorsqu’on va plus loin en remontant les générations, on se rend bien compte qu’il y a eu surtout des filles dans les différentes descendances et que le nom a progressivement disparu.

A ce jour, il ne reste qu’une quinzaine de descendants de Jean Baptiste encore en vie portant encore le nom COUTIER.

Jean Baptiste COUTIER (1782-1812)
2. Marie Victor Barthélémy
3. Ludovic COUTIER
4. Louis COUTIER
5. Anne Marie COUTIER
6. Ma grand-mère maternelle
7. maman
8. moi

#ChallengeAZ : Z comme botZaris (58 rue Botzaris)

58 rue Botzaris, 75019 PARIS
Domicile d’Antoine Sebastien en 1887 (mentionné sur son acte de décès).

Situation actuelle: 58 rue Botzaris
Nom de quartier: Combat
Métro: Botzaris (ligne 7bis)
Date de création de la rue: 1862
Origine du nom de la rue: en hommage à Markos Botzaris (1788-1823), héros de l'indépendance grecque en 1821
Ancien nom: rue de la Vera-Cruz

A la fin du XIXe siècle, la rue Botzaris, qui longe le parc des Buttes Chaumont n’a pas encore l’urbanisation qu’on lui connait aujourd’hui. Et pour cause, ce coin de Paris rattaché en 1860 à la capitale débute doucement sa transformation.

Les carrières sur l’Atlas du département de la Seine vers 1860 (source: Bibliothèques spécialisées de Paris)

En effet, des carrières s’étalent sur une grande partie de l’actuel 19e arrondissement de Paris. Le gypse est exploité sur les Buttes Beauregard – à l’emplacement actuel de la cité Mouzaïa – dans ce qu’on appelle les carrières d’Amérique. Celles-ci sont exploitées depuis 1810 environ et attirent de nombres mineurs qui viennent extraire le gypses dans les galeries souterraines des carrières – certaines allant jusqu’à 1000 mètres de profondeur.

Carrières de l’Amérique, Henri le Secq, 1856 (source: Bibliothèque des Arts Décoratifs)

La carrière du Centre et la carrière des Buttes Chaumont sont en revanche des carrières à ciel ouvert. Le gypse et la pierre meulière sont aussi extraits dans les carrières du Nord Est Parisien.

Les carrières, grandement exploitées dans la première partir du XIXe siècle, cessent leur activité progressivement vers 1860 et deviennent de véritables repères de voleurs et de vagabonds. L’endroit est sinistre, mal fréquenté et insalubre. Peu à peu, les carrières se transforment en décharges.

Dans sa volonté de moderniser Paris et de l’aérer afin la sortir de l’insalubrité, Napoléon III lance de grands travaux qu’il confie au Baron Haussmann. L’un des projets est de faire des carrières des Buttes-Chaumont un parc agréable et attractif, un espace vert, pour rendre ce quartier pauvre plus fréquentable. Les carrières sont rachetées par la ville en 1863 et les travaux débutent un an plus tard, menés par l’ingénieur Jean Charles Alphand. Malgré d’importants travaux de terrassement, un certain dénivelé est pensé et créé. Tout est fait de façon artificielle: lac, île, grotte, cascade, belvédère…

Aménagement des Buttes Chaumont, Charles Marville, 1865. On peut voir les habitations à droite de la photo qui correspondent au 58 rue Botzaris à la fin du XIXe siècle. (source: Bibliothèques spécialisées de Paris)

Après 3 ans de travaux, le parc des Buttes Chaumont est inauguré le 7 avril 1867 dans le cadre de l’Exposition Universelle de Paris qui débute le même jour. Evidement, il ne faut pas imaginer le parc tel qu’il existe aujourd’hui: au moment de son ouverture, la végétation n’est pas encore très dense !

Le temple de la Sybille: côté gauche en 1872 par A. Girard et côté droit aujourd’hui (photo: sygic travel)

Square des Buttes Chaumont, vers 1890-1900 (source: Gallica)

De même, hormis quelques immeubles haussmanniens, des maisons ouvrières et des terrains vagues bordent le parc au moment de son ouverture. Les arbres, tout juste plantés, sont encore minuscules. Il va falloir du temps avant que le paysage du quartier évolue profondémment.

14 rue Botzaris, Jules Adolphe Chauvet, 1892 (source: Gallica)

Taudis, Chemin des Carrières en 1913, Agence Rol (source: Gallica)

Il n’y a certes plus de carrières en fonctionnement après 1873, mais nombreuses sont les usines installées dans le 19ème arrondissement. Certaines sont même aux abords du parc qui pourtant attirent les bourgeois de la capitale.

Cadastre à la fin du XIXe siècle. En jaune, l’emplacement du 58 rue Botzaris (source: AD75)

Au moment du décès d’Antoine Sebastien DESOYER, la rue Botzaris n’est encore que très peu urbanisée. Il suffit d’ailleurs de se promener dans cette rue pour comprendre qu’elle est finalement assez récente: les immeubles sont pour la majorité tous modernes ! Le n°58 n’y échappe pas: si aujourd’hui il s’agit d’un immeuble de standing qui regroupe également le n°60, à l’époque où Antoine Sebastien y vivait il s’agissait de petits immeubles en briques, comme le témoignent les clichés photographiques de Charles Marville en 1865. Il faudra par ailleurs attendre la fin des années 1970 pour que l’immeuble actuel soit construit !

Photographie de Charles Marville en 1865

Extrait d’une photographie de Girard dans l’album Travaux des Buttes-Saint-Chaumont en octobre 1865 (source: Bibliothèques spécialisées de Paris)

Nous sommes donc loin des habitations cossues actuelles des abords du parc. Antoine Sébastien DESOYER est serrurier, et il vit depuis moins de 10 ans au 58 rue Botzaris. Sa fille Marie Léonie DESOYER ainsi que son gendre Désiré Louis RENVOISE vivent également au n°58 au moment de son décès le 23 décembre 1887, à l’âge de 61 ans. En effet, Désiré Louis RENVOISE a acheté quelques mois plus tôt l’appartement. Le couple y restera jusqu’en 1894 avant de déménager non loin de là, dans le 20e arrondissement.

Antoine Sébastien DESOYER, frère de mon ancêtre Julie Bénédictine DESOYER
2. Adeline Bénédictine VIARD
3. Octave Alfred SONNIEZ
4. Léone SONNIEZ
5. Mon grand-père maternel
6. maman
7. moi

#ChallengeAZ : Y comme ElYsées (36 Champs Elysées)

36 Champs Elysées (aujourd’hui le 25 rue Saint-Honoré?), 75008 PARIS.
Domicile de Charles BERNIER en 1817 (mentionné sur l’acte de mariage de son frère).

Situation actuelle: probablement au 25 rue Faubourg Saint-Honoré
Nom de quartier: Madeleine
Métro: Madeleine (ligne 8, 12 et 14)
Date de création de la rue: avant le XVIIe siècle
Origine du nom de la rue: vient du prolongement de la rue Saint-Honoré
Ancien nom: rue du Faubourg du Roule

En 1817, le 36 Champs Elysées abrite l’Hôtel Russe – un hôtel particulier – où Charles BERNIER vit et travaille en tant que traiteur. Difficile de situer précisément le « n°36 Champs Elysées » en 1817 tant celle que l’on nomme « la plus belle avenue du monde » a connu d’évolutions aux cours des siècles.

En 1817, l’Avenue des Champs Elysées est nommée « Avenue de Neuilly » sur les différents plans de l’époque. Est-ce dont bien sur l’actuelle avenue que se trouvait le « n°36 Champs Elysées? ». Cela me semble surprenant, car probablement que le nom de « l’avenue de Neuilly » aurait été indiquée sur l’acte de mariage où j’ai relevé l’information. De plus, à supposer qu’il s’agirait bien de l’Avenue de Neuilly, celle-ci n’est pas encore très urbanisée et semble s’arrêter au n°26 au début du XIXe siècle. Plusieurs autres pistes sont possibles pour situer les « Champs Elysées » et son numéro 36:

  • Premièrement, cette dénomination pourrait renvoyer à l’ancienne Rue des Champs Elysées, située tout en bas de la célèbre avenue, au niveau des jardins et de l’ancienne Place de Louis XV (où se trouve l’actuelle Place de la Concorde). La Rue des Champs Elysées se situe sur la première portion de la Rue Boissy d’Anglas, et abrite depuis le XIXe siècle de nombreux hôtels particuliers. Problème: la Rue des Champs Elysées n’est pas très longue, et il n’existe pas de n°36 en 1817

Rue des Champs Elysées sur le plan Vasselot (source: AD75)

  • Deuxième piste, les « Champs Elysées » pourraient correspondre à la Rue de l’Elysée (qui abrite le Palais de l’Elysée). Là aussi je rencontre le même problème que celui de la première hypothèse: il n’existe pas de n°36 d’après le cadastre dans cette rue au XIXe siècle.

Plan parcellaire de la fin du XIXe siècle, quartier La Madeleine, cote: PP/11964/E (source: AD75)

  • Troisième piste: au début du XIXe siècle, les Champs Elysées désignent les jardins qui bordent le début de l’avenue, depuis la Place de Louis XV jusqu’au Rond point des Champs Elysées . L’explication la plus plausible, à mon sens, est que le n°36 Champs Elysées correspondent à l’un de ces hôtels particuliers bordés par les jardins, dont l’accès se fait par le Faubourg Saint-Honoré. A partir de 1818, la séparation est clairement marquée entre les jardins et les bâtiments avec la création de l’Avenue de l’Elysée (aujourd’hui Avenue Gabriel).

Champs Elysées sur l’Atlas Général de Paris (source: SIV des Archives Nationales)

En orange, l’Avenue Gabriel actuellement (source: Géoportail)

  • Dernière piste qui rejoint et corrobore celle ci dessus: le plan de la ville de Paris de 1808 indique un « Hôtel de Prusse » qui semble se situer au 25 Faubourg Saint-Honoré et donner sur les jardins des Champs Elysées… Cet hôtel sera détruit en 1856 et reconstruit: il sera le lieu de résidence des Princes de Monaco dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant qu’ils élisent domicile sur l’Avenue du Trocadéro. Mais revenons à nos moutons, « Hôtel Russe », « Hôtel de Prusse »: et si il s’agissait là d’une simple erreur de transcription et que le maire de Roissy qui a rédigé l’acte mariage où apparait cette information avait mal entendu?

En rouge, l’Hôtel de Prusse sur le plan de la ville de paris de 1808 (source: Gallica)

Tout cela n’est qu’une hypothèse pour localiser cette mystérieuse adresse, et peut-être que je me trompe lourdement (si quelqu’un à la réponse qu’il n’hésite pas à se manifester !). Quoiqu’il en soit, il apparait certain que Charles BERNIER était domicilié et travaillait dans ce quartier.

Evidemment, il faut tenter de faire un saut de plus de 200 ans en arrière et imaginer ce quartier chic du 8ème arrondissement et « la plus belle avenue du monde » à cette époque là. C’est au milieu du XVIIIe siècle et sous l’impulsion du Marquis de Marigny que son urbanisation débute et que d’élégants hôtels particuliers vont sortir de terre. En effet, ce coin de Paris, très boueux à l’époque était peu fréquentable. Ce développement va se faire dans un premier temps davantage au Nord du début de l’avenue, du fait de l’urbanisation du Faubourg Saint-Honoré qui voit de nombreux édifices se construire. La zone où se trouve actuellement l’Arc de Triomphe reste quant à elle très rurale, et pour cause: en 1800, l’avenue ne compte que 6 maisons ! C’est finalement à partir de 1830 que son développement va grandement s’accélérer: embellissements, bâtiments, cafés, théâtres… Il faudra attendre 1836 pour que la construction de l’Arc de Triomphe, débutée en 1806, soit achevée.

Les champs Elysées en 1807 (source: Bibliothèques spécialisées de la ville de Paris)

Mais maintenant que nous nous sommes projeté dans le passé et que nous avons – semble t-il – localisé l’adresse qui nous intéresse, revenons à Charles BERNIER. Né à Roissy-en-France (95) en 1790, il est le fils de mes ancêtres Philippe BERNIER et Marie Constance THILLAY. C’est sa présence au mariage de son frère aîné Charles Augustin en 1817 et la rédaction de l’acte d’état civil qui nous apprend que Charles vivait à Paris, au « Champs Elysées hôtel Russe n°36 » et qu’il y est traiteur. Pour qui travaillait-il et depuis combien de temps y vivait t-il? Difficile d’obtenir des informations sur son parcours et sur cet Hôtel Russe. Concernant cet Hôtel particulier construit en 1740 pour Rillard de Fontenay, petit fils de François Le Vau, architecte du Roi Louis XIV (à l’origine, entre autre, de l’Eglise de Saint-Louis-en-l’Île à Paris ou du Château de Sucy-en-Brie). Appartenant par la suite à la famille Dupleix de Pernant, l’hôtel devient le « meublé de Prusse » lors de son rachat en 1808 par la famille ABEILLE, originaire de Marseille. C’est probablement pour cette famille qu’a travaillé Charles BERNIER.

Paris. Jeune pâtissier portant une manne à pâtisseries rectangulaire en osier sur la tête, Charles Atget, 1899 (source: Bibliothèque de la Ville de Paris)

On retrouve Charles BERNIER en 1820 à Roissy, son village natal, lors de son mariage avec Françoise Adélaïde CHALOT. Charles fera le reste de sa vie à Roissy où il exercera la profession de marchand pâtissier. Il y décède en 1851 à l’âge de 61 ans.

Charles BERNIER, frère de mon ancêtre Julie Victoire BERNIER
2. Julie Bénédicte DESOYER
3. Adeline Bénédictine VIARD
4. Octave Alfred SONNIEZ
5. Léone Octavie SONNIEZ
6. Mon grand-père maternel
7. maman
8. moi

#ChallengeAZ : X comme X à l’église Sainte-Clotilde

Basilique Sainte-Clotilde, 75007 PARIS
Mariage de Charles Eugène SONNIEZ et Marie Joséphine Clémentine FELIX le 24 mai 1859

Situation actuelle: Place Maurice-Druon
Nom de quartier: Invalides
Métro: Solférino (ligne 12)
Date de création de la rue: 2013
Origine du nom de la rue: En hommage à Maurice Druon (1918-2009), écrivain et résistant français
Ancien nom: Rue Las-Cases

Si je vous ai déjà parlé de là où vivait Charles Eugène SONNIEZ en 1865 au cours de ce challenge, je n’ai pas encore évoqué le lieu où il s’est marié avec Marie Joséphine Clémentine FELIX six ans auparavant. Les futurs époux s’unissent religieusement le 24 mai 1859 au sein de l’église Saint-Clotilde dans l’actuel 7ème arrondissement de la capitale.

Les églises parisiennes sont très souvent le premier indice accessible et à notre portée lorsque nous trouvons la fiche d’un mariage datant d’avant 1860, et en particulier lorsqu’on parcours le fond Andriveau. Je prends donc toujours le temps de les situer, de voir si elles existent encore, et j’essaye éventuellement de faire des liens avec des lieux de vie (cela peut par exemple être un début de piste pour partir ensuite à la recherche d’éventuelles naissances). Dans notre cas ici, l’état civil postérieur à 1860 ayant été sauvegardé (soit un an après le mariage), les recherches concernant les enfants du couple ont de fait été simplifiées.

99 rue de Grenelle

Au moment de son mariage, Charles Eugène, âgé de 21 ans et entrepreneur de couverture, vit toujours à Roissy-en-France. Né en 1837 à Mitry-Mory dans la Seine-et-Marne, il déménage avec sa famille quelques années plus tard pour Roissy-en-France: ses parents y ont acheté un fond de commerce de marchand de vins et d’entreprise de couverture. La future femme de Charles Eugène est quant à elle parisienne. Au moment du mariage, elle vit avec ses parents au 99 rue Grenelle-Saint-Germain (aujourd’hui rue de Grenelle), ce qui explique que le mariage ait eu lieu à Saint-Clotilde. En effet, l’église est à deux pas du domicile de la future épouse.

Justement, revenons à Saint-Clotilde. Cette église est, lors du mariage de 1859, bien plus jeune que les futurs époux. En effet, débutée en 1846, sa construction s’achève en 1857. Je n’ai pas trouvé de réels éléments sur l’emplacement de sa construction: la plupart des ouvrages font mentions d’un ancien couvent de carmélite ou de l’abbaye Saint-Germain.

D’abord église, Sainte-Clotilde se voit accorder le titre de basilique par le pape Léon XIII en 1897.

L’église Sainte-Clotilde en 1857 (source: Bibliothèques spécialisées de la ville de Paris)

Charles Eugène SONNIEZ, frère d'Alfred Léon SONNIEZ mon ancêtre
2. Octave Alfred SONNIEZ
3. Léone Octavie SONNIEZ
4. Mon grand père maternel
5. maman
6. moi