#ChallengeAZ Edition 2020: direction l’île de la Réunion !

Cette année, je participe pour la troisième année au #ChallengeAZ. C’est un défi généalogique lancé par Sophie Boudarel (Gazette des Ancêtres), qui consiste à poster tous les jours – sauf le dimanche – un article en lien avec la généalogie, en suivant l’alphabet. Cette année exceptionnellement, le #ChallengeAZ 2020 débutera le dimanche 1er novembre. Vous pouvez retrouver mes précédentes participations ici.

Lorsqu’on est passionné de généalogie, on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur les ancêtres de nos proches (et parfois on n’y résiste pas: on pose des questions et on se propose de faire des petites recherches ensemble, et, pourquoi pas, transmettre un peu de cette passion qu’est la généalogie). La tentation était bien trop forte concernant mon compagnon, sa mère étant née sur l’île de la Réunion. Inutile de préciser qu’avant de le rencontrer et de partager ma vie avec lui, la Réunion était pour moi une île située quelque part dans l’Océan Indien, et dont j’ignorais absolument tout. La Réunion, étant donc un nouveau terrain de jeu pour des recherches généalogiques !

crédit: Frog974

Bon, la suite, vous la devinez: j’ai intérogé ma belle-mère, questionné ses souvenirs, regardé avec elle, demandé à nouveau les dates… Petit à petit, j’ai avancé. Difficilement, certes, d’autant plus lorsque je me suis heurtée aux difficultés propres aux recherches dans les DOM-TOM: la quasi majorité des ascendants de ma belle-mère sont issus de l’esclavage. Qu’importe: j’ai persévéré, puis j’ai également découvert une branche dont l’origine prenait racine dans les premiers temps du peuplement de l’île, au milieu du XVIIe siècle. J’ai découvert encore tout à fait autre chose, l’histoire riche et passionnante de ces hommes et de ces femmes, qui ont tout quitté (pas toujours de leur plein gré)  pour s’installer sur cette petite île, présentée comme un véritable paradis. Une île qui a également attiré un temps des pirates – des hommes à la morale pas toujours des plus honorables – mais aussi, dans ses heures les plus sombres, a participé activement à la traite négrière sur laquelle nous reviendrons largement durant ce challenge. Enfin, grâce à de nombreuses lectures et à mon imaginaire, je me suis complètement plongée au XVIIe siècle, dans l’histoire de cette petite île et de ses habitants, avec leur caractère bien à eux (plutôt loin d’être disciplinés) et ayant donné du fil à retordre à de nombreux gouverneurs ! En somme, une histoire digne des meilleurs récits d’aventure – et j’aurai aimé pouvoir me transporter à cette époque et voir tout ça de mes propres yeux !

Bourbon, 1763, Bellin (source: BNF)

J’avais en tête depuis un moment d’écrire pour transmettre à ma belle-famille le fruit de mes recherches, la mise en récit étant toujours plus intéressante que de simples arbres composés de noms et de dates, montrés à la va-vite. L’occasion du ChallengeAZ était trop belle pour le faire. Il était question que nous partions cet été 2020 en famille à La Réunion. J’avais déjà prévu des recherches aux Archives Départementales de Saint-Denis pour tenter de contourner certaines impasses. La crise sanitaire en a décidé autrement, et à défaut d’avoir pu voyager physiquement, j’ai voyagé lors de mes recherches que j’ai réellement approfondies pour ce Challenge au début du confinement. Et cela m’a fait le plus grand bien de pouvoir m’évader à ce point au fil de mes lectures et de mes découvertes !

J’ai bien conscience de faire ce challenge au détriment de mes recherches sur ma propre famille, largement suivies ici par mes proches – mais ce n’est que partie remise et je m’engage à être plus assidue en 2021 pour publier plus régulièrement !

J’espère durant ce challenge vous partager au mieux mes découvertes et vous faire voyager avec moi. J’espère également pouvoir transmettre à ma belle-famille une partie de son histoire, et que Belle-Maman – ma belle mère que je désignerai désormais ainsi tout le long du challenge – y fera plein de découverte.

Bonne lecture et rendez-vous le 1er novembre pour le début du Challenge !

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU, mes ancêtres disparus. 3/3

Petit résumé des deux derniers épisodes: en juin 2019, je partais à la recherche du décès de Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et de Marie Eléonore CUREAU, mes ancêtres à la 8ème génération. Après avoir perdu leur trace en 1856 lors du dernier recensement du Mesnil-Aubry (95), je me suis intéressée, comme dans une enquête policière, à leurs enfants et à leur parcours. Même si cela n’a rien donné de concret (pas d’acte de décès retrouvé), j’ai tout de même pris note du déplacement de la famille dans l’Est Parisien et plus précisément en Seine-Saint-Denis (anciennement dans le département de la Seine). Malgré tout, mes recherches ne payaient toujours pas et je m’épuisais également à creuser (j’avoue avoir baissé les bras devant les recensements de la ville de Saint-Denis!). Et après tout, peut-être ont-ils été assassinés et leur corps jamais retrouvé? Ou peut-être est-ce un suicide collectif avec leur fils Pierre Narcisse, lui aussi disparu ? Tous les scénarios – même les plus sordides – pouvant expliquer leur évaporation et leur disparitions étaient alors envisageables! Et je préferais surtout me faire une raison, jusqu’au moment où j’ai repris mes recherches en mai 2020, soit près d’un an plus tard…

Etape 4: patience est mère de toutes les vertus !

Comme je le signalais, dans cette recherche, Jean Baptiste et Marie Eléonore ne sont pas les seuls à avoir disparus. En effet, leur fils Pierre Narcisse avec lequel ils vivaient jusqu’en 1856 (au moins), s’est lui aussi évaporé sans laissé de traces. Rien dans les villages alentours ni dans les villes plus éloignés où s’étaient mariés ses frères et soeurs: pas de mariage, pas d’enfants, pas de décès. De la même façon, rien de probant en interrogeant les différents sites de généalogie comme Geneanet ou Filae…

Mais le généalogiste le sait bien: la patience est mère de toute les vertus !

C’est donc en mai 2020, plus déterminée que jamais, que je me suis à nouveau penchée sur ce couple d’ancêtres fugueurs en reprenant le parcours de leurs enfants un par un et que j’ai enfin ouvert une nouvelle piste – et pas des moindres – en trouvant le décès de Pierre Narcisse à Pierrefitte-sur-Seine (93) en 1881 !

Ne jamais hésiter à interroger à plusieurs reprise une base de données !

En effet, c’est en interrogeant à nouveau Filae que j’ai pu retrouver l’acte de décès de Pierre Narcisse GALLOIS. Cette recherche n’avait pourtant rien donné un an auparavant, mais l’indexation s’affinant et s’enrichissant progressivement, j’avais enfin un résultat intéressant !

Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, sur les cartes de l’Etat Major (source: geoportail)

Pierrefitte-sur-Seine (93), une ville située non loin de Saint-Denis sur laquelle je n’avais pas entrepris de recherches. Pourtant, c’est là bas qu’est décédé le couple DESCHAMPS/GALLOIS, mais je ne m’y étais pas attardé. Ni une, ni deux, je vais chercher l’acte de décès en date du 22 mai 1881: Pierre Narcisse est dit célibataire et les parents sont mentionnés comment étant décédés (ce qui me donne une indication de date plus précise). Et surtout, connaissant la proximité entre ces parents et leur fils, je continue sur ma lancée en parcourant les tables décennales de la commune – sait-on jamais ! Et là bingo: je mets enfin la main sur le décès de Jean Baptiste GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU !

  • Jean Baptiste est donc décédé le 10 janvier 1860 à Pierrefitte-sur-Seine, à l’âge de 75 ans. C’est son fils, Pierre Narcisse (qui probablement vivait avec lui au 22 rue de Paris à Pierrefitte-sur-Seine), et son gendre Louis Désiré DESCHAMPS, qui déclarent le décès.
    L’acte nous offre en prime la signature de Pierre Narcisse GALLOIS, jusque là inconnu (il n’était pas témoin aux mariages de ses frères et soeurs ni aux naissances de ses nièces et neveux).
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Acte de décès de Jean Baptiste Narcisse GALLOIS, du 10 janvier 1860 à Saint-Denis (source: AD93)
  • Marie Eléonore est quant à elle décédée 7 ans plus tard, le 28 novembre 1867, à Pierrefitte-sur-Seine (93), Avenue de Saint-Denis. A nouveau, c’est son fils Pierre Narcisse et son gendre Louis Désiré DESCHAMPS qui déclarent le décès.
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Acte de décès de Marie Eléonore CUREAU le 28 novembre 1867 à Pierrefitte-sur-Seine (source: AD93)

Moralité de cette recherche : tout vient à point à qui sait attendre !

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU
2. Jean Baptiste GALLOIS
3. Jules René GALLOIS
4. Andréa Maria GALLOIS
5. Léonie SONNIEZ
6. Mon grand-père maternel
7. Maman
8. moi

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU, mes ancêtres disparus. 2/3

Dans le premier article de cette trilogie je revenais sur les circonstances de la disparition de mes ancêtres Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU, qui semblent avoir disparus des radars de l’état civil après 1856. Avant de partir à leur recherche et de commencer l’enquête (qui je le rappelle a démarré en juin 2019), revenons un peu sur leur histoire respective.

Etape 2: genèse des portés disparus

Jean Baptiste Narcisse est né le 6 novembre 1784 à Paris, Paroisse Saint-Eustache. Il est le premier enfant de la famille et du couple formé par Narcisse Gabriel et Anne Elizabeth ORSEE (ORSET ou ORSAY). Les recherches sur Paris étant fastidieuses, je ne pense pas avoir pu à ce jour retrouver la totalité des frères et soeurs de Jean Baptiste, ni retracer le parcours de la famille.

Etat de mes recherches concernant la fratrie GALLOIS

Il semble cependant que celle ci fut assez éclatée. En effet, 3 ans après le décès de Narcisse Gabriel survenu en 1807 à Gentilly (94),  une de ses filles, Anne Marie, a rectifié par jugement le nom de famille de son père (écrit, d’après elle, GALOIS et non GALLOIS) et a corrigé l’acte de décès en lui même, qui mentionne Narcisse Gabriel comme étant veuf. Elle apporte également des précisions permettant d’appréhender la situation familiale:

« ses parents vivaient éloignés l’un de l’autre et sans aucune relation entre eux, tandis que sa mère vivait à Paris […] le sieur son père avait établit son domicile à Gentilly près Paris où il s’était annoncé veuf ».

Quand est-ce que Narcisse Gabriel a quitté le foyer familial à Paris? Et pour quelles raisons? Pas mal de mystère entoure ce couple.

La Paroisse Saint-Eustache aujourd’hui, située au coeur de Paris

Quoiqu’il en soit, Jean Baptiste Narcisse se marie avec Marie Eléonore CUREAU le 30 janvier 1815 à Champlâtreux, village dont est originaire son père. Sa mère quant à elle, vit toujours à Paris. Elle sera absente lors de la célébration des noces. L’acte de décès (ainsi que la date) de cette dernière est introuvable.

Eglise Saint-Eutrope d’Epinay Champlatreux

Marie Eléonore CUREAU est quant à elle née le 5 avril 1790 à Epinay-Champlâtreux. Elle est la 6ème née sur les 7 enfants que comptent sa fratrie. Cependant, au moment de sa naissance, seule une de ses soeurs est encore en vie, tant la mortalité infantile a frappé la famille. Son père, Jean Baptiste CUREAU, est né en 1751 à Lassy (95). Sa mère, Marie Anne GALLOIS, est quant à elle née à Luzarches (95). Vous aurez sans doute reconnu le patronyme GALLOIS, qui est celui de la mère de Marie Eléonore et celui de son futur époux. Dans un périmètre si restreint (Luzarches, Lassy et Epinay-Champlâtreux étant des communes assez proches) et dans ces villages peu peuplés, nous pouvons tout de suite penser que Marie Eléonore CUREAU et Jean Baptiste Narcisse GALLOIS sont parents: c’est en effet le cas, et ils cousinent au 4ème degrés de parenté (ils partagent les mêmes arrière-arrière grands-parents, Christophe GALLOIS (1643-1719) et Marie RION (1647-1726)).

Eglise de Lassy

Etape 3: recherches du côté des enfants du couple

Reprenons l’enquête en recherchant du côté des enfants du couple, et en particulier du côté des frères et soeurs de Jean Baptiste, mon ancêtre.

En généalogie, il faut savoir repérer les indices et les traces qu’ont laissé nos ancêtres derrière eux. C’est pourquoi, lorsqu’on est face à une épine, il peut être judicieux de se pencher sur l’entourage (un peu comme dans une enquête policière me direz vous !). Intéressons nous donc aux enfants du couple. Ils sont au nombre de 8:

  • Marie Joséphine, née en 1815 à Epinay-Champlâtreux, comme les 6 premiers enfants du couple. Elle décède un an après sa naissance.
  • Jean Baptiste, né en 1817, mon ancêtre.
  • Dominique Narcisse, né en 1818. Il mourra en bas âge après avoir vécu seulement 3 mois.
  • Alexandrine Eléonore, née en 1819.
  • Charles Louis, né en 1821 et mort à l’âge de 5 ans
  • Pierre Narcisse, né en 1823
  • Marie Eléonore, née en 1826 au Mesnil-Aubry
  • Charlotte Geneviève, née en 1827, également née au Mesnil-Aubry

Cinq enfants atteindront donc l’âge l’âge adulte, ce qui peut nous donner matière à récolter de nombreux indices sur la famille et potentiellement des informations sur nos protagonistes. Seulement voilà, à l’image de leurs parents, il est compliqué de retrouver des traces des enfants Gallois…

Signature de Jean Baptiste GALLOIS en 1841

Jean Baptiste, le second enfant du couple, se marie en 1841 au Mesnil Aubry avec Louise Marguerite GOUJAT, une jeune femme de 21 ans originaire du Vaudherland dans le Nord Est du Val d’Oise. Une fois mariés, ces deux là vont avoir la bougeotte, et pour cause: sur certains actes, Jean Baptiste est mentionné comme étant messager (nos facteurs d’autrefois). Ils vont donc élire domicile tantôt au Mesnil-Aubry, tantôt au Vaudherland. C’est finalement à Roissy-en-France (95) qu’ils vont définitivement s’établir en 1861. Ils auront en tout 10 enfants – et ici quasiment tous survivront assez longtemps. Jean Baptiste GALLOIS décède en 1904 à Roissy-en-France. Aucune mention ne sera faite d’un éventuel décès de ses parents, et nous le couple n’a pas suivi Jean Baptiste au Vaudherland ou à Roissy.

La Rue – unique – du Vaudherland

Alexandrine Eléonore est la première des enfants GALLOIS à se marier. Elle épouse en 1837 au Mesnil Aubry Jean Baptiste Alphonse HANNIET, postillon originaire de l’Oise. Elle a alors 18 ans.

Signature d’Alexandrine Eléonore GALLOIS lors de son mariage en 1837.

Le couple va vivre un temps à Saint-Just-en-Chaussé dans l’Oise, puis va s’installer à Saint-Denis (93). Jean Baptiste va décédé prématurément à l’âge de 33 ans, à la Maison Dubois à Paris, qui était à la place de l’actuel Hôpital Ferdinand Vidal.

En outre, il est indiqué sur l’acte de décès reconstitué que le couple vivait toujours à Saint-Denis (93). C’est également dans cette ville que l’on va retrouver Alexandrine lors de son remariage 1851 avec Jean François MARTY. Bien qu’absents, les parents d’Alexandrine sont sans surprise toujours en vie et domicilié au Mesnil Aubry (souvenez vous que l’on perd leur trace en 1856).

Alexandrine décède à Saint-Denis en 1899. Sur l’acte, ses parents sont simplement indiqués comme étant décédé, sans autres informations.

Rue du Fort de l’Est à Saint-Denis où est domiciliée Alexandrine au moment de son décès

Pierre Narcisse GALLOIS, qui est le dernier enfant à vivre avec le couple en 1856, disparait complètement de la même façon que ses parents. Tourneur en bois aux pieds bots (il travaillait probablement avec son père), il a déjà 32 ans lorsqu’il est recensé pour la dernière fois au domicile de ses parents en 1856. Même si je perds sa trace, il y a fort à parier que Pierre Narcisse soit resté célibataire tout au long de sa vie.

Tourneur sur bois (source: patblues)

Signature de Marie Eléonore lors de son mariage en 1848

Marie Eleonore va quant à elle se marier en 1848 à Louis Désiré DESCHAMPS. Jeune couturière, elle a alors 21 ans au moment de son mariage. Là aussi, je perds complètement sa trace avant de retrouver le décès de son mari en 1890 à Pierrefitte sur Seine (93), puis son propre décès, dans la même commune, en 1918.

Signature de Charlotte Geneviève GALLOIS lors de son mariage en 1854

Charlotte Geneviève, dernière de la fratrie, va se marier en 1854 à Saint-Denis avec Pierre Jacques LIMARE. Cette fois-ci, les parents sont présents.
Le couple va vivre un temps sur Saint-Denis avant de gagner la capitale à quelques kilomètres de là. C’est au 28 rue des Rosiers que décède Charlotte en 1884, à l’âge 54 ans. Cette fois-ci, l’acte de décès indique que les noms et prénoms des père et mère sont inconnus.

Dans le cas d’une épine généalogique mais aussi de façon plus générale – lorsque l’on fait de la généalogie tout simplement ! – l’étude de la globalité d’une fratrie ou d’une famille, bien que chronophage, n’est jamais sans intérêt. En plus d’étoffer nos recherches pour en savoir davantage sur l’histoire familiale d’une branche, elle peut nous permettre de trouver des traces, pouvant déboucher sur de nouvelles pistes. Ici, contrairement à ce que j’espérais, il n’y a pas de détails sur le décès des parents dans les actes de décès des enfants. En revanche, ces recherches ouvrent deux pistes à explorer:

  • Avec la date de décès des enfants du couple, je vais pouvoir chercher du côté des archives de l’enregistrement et partir à la recherche d’éventuelles successions, dans lesquelles il pourrait y avoir des informations relatives aux parents et qui pourraient me mettre sur la piste d’une date et d’un lieu de décès.
  • Je remarque qu’une majorité de la famille est passée ou a vécu à Saint-Denis. Peut-être que c’est là bas que le couple est allé vivre la fin de sa vie, auprès de leurs enfants?

Malheureusement, ces pistes vont se refermer ou s’avérer trop vastes: les recherches d’éventuelles successions ne donnent rien et aucune déclarations n’ont été passées. Pour ce qui est d’un éventuellement déménagement en Seine-Saint-Denis, je ne trouve pas de mention de décès dans les tables décennales et parcourir les recensements me parait bien trop fastidieux pour des villes comme Saint-Denis qui compte déjà 16 000 habitants en 1856.

Ca ne sera donc pas pour tout de suite. Tant pis ! En généalogie, vaut parfois mieux mettre de côté des recherches qui nous posent problème pour y revenir plus tard…

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU
2. Jean Baptiste GALLOIS
3. Jules René GALLOIS
4. Andréa Maria GALLOIS
5. Léonie SONNIEZ
6. Mon grand-père maternel
7. Maman
8. moi

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU, mes ancêtres disparus. 1/3

Il y a des ancêtres qui nous donnent plus de fil à retordre que d’autres. Des ancêtres qui, après avoir eu une vie plus ou moins remplie, semblent s’évaporer presque du jour au lendemain, et sortent complètement des radars de l’Etat Civil. Je retrouve ce type de cas dans ma généalogie, concernant le couple d’ancêtres formé par Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU, mes sosa 216 et 217 à la 8ème génération. Ces deux là m’ont bien baladé avant que je mettent – enfin – la main sur leur acte de décès. Mais d’abord commençons par le commencement, lorsque je m’intéresse et travaille sur cette branche en juin 2019.

Jean Baptiste Narcisse et Marie Eléonore se marient le 30 janvier 1815 à Epinay-Champlâtreux (95), à l’âge de 30 et 24 ans. C’est dans cette petite commune entourée de forêt qu’est née Marie Eléonore. Quant à Jean Baptiste Narcisse, il est né à Paris, Paroisse Saint-Eustache (1er), mais sa famille, les Gallois, sont originaires de Champlâtreux.

L’acte de mariage mentionne que Jean Baptiste Narcisse, sergent au 75e régiment de ligne, a obtenu un congé absolu. En effet, après avoir servie près de 10 ans lors des guerres napoléonienne (campagne d’Allemagne, de Pologne, d’Espagne…), il obtient un congé de réforme le 31 décembre 1814. Nous apprendrons plus tard grâce aux recensements que Jean Baptiste était sourd. Peut-être cela a t-il un lien avec son congé de réforme?

Registre matricule du 75e Régiment de Ligne (source: SHD sur Mémoire des Hommes)

Le couple va rester environ 10 ans à Epinay-Champlâtreux, où Jean Baptiste Narcisse exerce en tant que marchand de vin. 8 enfants vont naître de cette union:

  • Marie Joséphine (1815-1816)
  • Jean Baptiste (1817-1904), mon ancêtre
  • Dominique Narcisse (1818-1818)
  • Alexandrine Eléonore (1819-1899)
  • Charles Louis (1821-1826)
  • Pierre Narcisse (1823-1881)
  • Marie Eleonor (1826-1918)
  • Charlotte Geneviève (1827-1882), dernière enfant du couple. Jean Baptiste Narcisse et Marie Eléonore ont alors respectivement 43 et 37 ans.

Parmi les huit enfants, cinq vont atteindre l’âge adulte.

En 1826, la famille Gallois vit au Mesnil Aubry, à 4 km d’Epinay-Champlâtreux.

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Epinay-Champlâtreux et Le Mesnil Aubry sur les cartes de Cassini

A ce stade, rien n’explique leur migration – bien que le Mesnil-Aubry ne soit pas très loin de leur précédente habitation

Eglise du Mesnil Aubry où les mariages d’Alexandrine puis de Jean Baptiste vont être célébrés

Là-bas, ils vont y vivre une vie tranquille et y voir leur enfants grandir. Les années passent, chacun d’entre eux va se marier, partir plus ou moins loin de la maison familiale, tandis que les parents, Jean Baptiste Narcisse et Marie Eléonore passent le reste de leurs vieux jours. Rien de plus banal. Sauf que, alors que je devrais pouvoir facilement retrouver leur acte de décès dans les tables décennales de la commune, il n’est ni fait mention de celui de Jean Baptiste Narcisse ni de celui de Marie Eléonore. Même chose dans les communes alentours.
Malgré une recherche rapide au sein des différents sites de généalogie (et entre autre Filae, qui a indexé l’Etat Civil du XIXe siècle et qui s’avère très utile dans ce cas de figure) qui ne donne rien, le mystère persiste. Aucune trace du couple lors de la seconde moitié du 19e siècle.

Mais alors où ont-ils bien pu aller et quand sont-ils morts?

Etape 1: les rechercher dans les recensements

On retrouve le couple au Mesnil Aubry jusqu’en 1856, à travers les actes de naissances de leurs deux dernières filles et des recensements:

  • en 1826, à la naissance de leur fille Marie Eléonore. Jean Baptiste Narcisse, marchand de vin domicilié au Mesnil-Aubry, déclare la naissance de sa fille
  • en 1827, à la naissance de leur fille Charlotte Geneviève, Jean Baptiste Narcisse est tourneur en bois (c’est à dire qu’il fabrique des objets en bois) et est toujours domicilié au Mesnil-Aubry. Il déclare la naissance.
  • au recensement de 1836 au Mesnil-Aubry. Le couple vit avec 5 de leurs enfants: Jean Baptiste 19 ans, Alexandrine 17 ans, (Pierre) Narcisse 13 ans, Marie Eléonore 10 ans et Charlotte Geneviève 8 ans. Jean Baptiste Narcisse est désigné comme étant marchand de vin – profession qu’on lui connaissait déjà.
  • au recensement de 1841, le couple vit toujours au Mesnil-Aubry. En revanche, leur deux premiers enfants, Alexandrine et Jean Baptiste, ont quitté la maison. Ce dernier vit par ailleurs avec son épouse dans la maison voisine, attenante à celle de ses parents.
  • au recensement de 1846, Jean-Baptiste Narcisse est cabaretier. Le couple vit avec 3 de leurs enfants: (Pierre) Narcisse, tourneur âgé de 23 ans, Marie Eléonore, couturière âgée 20 ans et Charlotte Geneviève, brodeuse, 19 ans.
  • le recensement de 1851 nous apporte de nouveaux éléments. Le couple vit Grande Rue de Paris avec ses deux enfants, (Pierre) Narcisse 27 ans et (Charlotte) Geneviève 23 ans. L’agent recenseur précise que Jean Baptiste narcisse est sourd, que sa femme Marie Eléonore a les pieds-bots et que leur fils a une déformation de la colonne vertébrale !
  • au recensement de 1856, le couple ne vit plus qu’avec leur fils Pierre Narcisse, 33 ans, dont la profession n’est pas mentionnée. Jean Baptiste Narcisse et sa femme ont alors respectivement 71 et 66 ans.
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Le Mesnil-Aubry, Plan d’Intendance de 1784, côte C 2/16, AD95

Et après? Leur trace disparait complètement des recensements de la commune.

En effet, ni Jean Baptiste Narcisse GALLOIS, ni Marie Eléonore CUREAU et ni Pierre Narcisse GALLOIS, dernier fils habitant avec le couple, apparaissent dans les recensements de 1861, 1866 etc. On ne les retrouve pas non plus dans les tables décennales, et ils ne semblent à première vue ne pas être retournés dans leur village natale. Ils se sont comme évaporés.

Mais alors où diable ont-ils bien pu passer?

Jean Baptiste Narcisse GALLOIS et Marie Eléonore CUREAU
2. Jean Baptiste GALLOIS
3. Jules René GALLOIS
4. Andréa Maria GALLOIS
5. Léonie SONNIEZ
6. Mon grand-père maternel
7. Maman
8. moi

Jean LACROUTS dit LACOMME: un soldat napoléonnien

Cet article a été écrit dans le cadre du #DefiNapoleon proposé par Geneatech.

Comme j’aime découvrir (souvent par hasard), que l’un des collatéraux de mon arbre ou un ancêtre a été décoré de la légion d’honneur ! Au delà du prestige de ce titre, cette décoration nous permets d’en savoir plus sur l’individu décoré mais aussi de situer son parcours dans l’histoire avec un grand H. C’est comme ça que j’ai découvert que l’un des collatéraux de mon ascendance avait fait parti de la prestigieuse Garde Impériale de Napoléon.

Napoléon harangue le 2ème corps de la Grande Armée sur le pont de Lech à Augsbourg, Pierre Gautherot, 1805

Il s’agit de Jean LACROUTS dit LACOMME, fils de Pierre LACROUTS, menuisier, et Marie LABORDE, mes sosa 946 et 947, ancêtres à la 10e génération.

En cherchant les enfants de ce couple et en jonglant entre les archives en ligne des Pyrénées Atlantiques et FILAE, je suis tombée sur le dossier de décoration de Jean LACROUTS dit LACOMME. Il est le troisième enfant (et premier fils) du couple. Trois autres enfants suivront après lui, avant la mort prématurée de son père Pierre en 1790. L’aînée de la fratrie Marguerite LACOUME (1774-1810), est mon ancêtre à la 8ème génération.

Jean est donc né le 5 mai 1778 à Géronce (64), au coeur de la vallée béarnaise, dans la maison Lacomme – probablement aujourd’hui disparue.

Géronce, sur la carte de Cassini

Le petit village de Géronce va passer complètement à travers les évènements de la révolution française.

Uniforme d’infanterie légère, 1802

Jean, conscrit de l’année 1798, entre dans la 13ème demi-brigade légère (qui sera renommée 13ème régiment d’infanterie légère en 1803) le 24 août 1799, quelques mois avant le coup d’état de Napoléon Bonaparte. Les régiments d’infanterie légères sont composés de soldats chargés d’éclairer la marche d’un convois. En 1800, il fait partie de l’Armée de l’océan qui est une armée créée pour faire face au Royaume-Uni lors de la Deuxième Coalition. Cette armée est remaniée en 1803 et disparait en 1804 au profit de la Grande Armée, qui va constituer l’armée impériale de Napoléon, proclamé empereur cette même année. Mais revenons un peu en arrière: notre Jean LACROUTS va participer à la campagne d’Italie en 1801, qui va opposer les troupes françaises aux troupes russes et autrichiennes, puis à la campagne de Suisse en 1802. Ces campagnes seront de véritables succès pour Napoléon et l’armée française.

La bataille de Marengo, Jacques Augustin Pajou, 1800

Le 16 mai 1803, la France déclare la guerre à l’Angleterre. Napoléon choisi Boulogne-sur-Mer et la côté d’Opale pour y établir un immense camp militaire, le camp de Boulogne, qui va forger et préparer sa Grande Armée. Jean LACROUTS va y passer 2 ans, avant de faire partie de la dite Grande-Armée jusqu’en 1812. Il est très probable que Jean ait pris part à la célèbre bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805, au sein du 13ème Régiment d’Infanterie Légère, sous les ordres du Comte Caffarelli de Falga. Après cette victoire, les batailles vont se suivre pour Jean lors des Quatrième et Cinquième Coalition: la bataille d’Auestaedt (qui a lieu le 14 octobre 1806, en parallèle de la bataille de Iéna), la bataille d’Eylau (8 février 1807) et la bataille de Wagram (6 juillet 1809) sous les commandement du général Davout (8 février 1807) ainsi que de nombreux combats.

Napoléon 1er visite le camp de Boulogne, Jean François Hue

En 1812, il intègre la Garde Impériale et rejoint les chasseurs à pieds. La Garde Impériale, unité emblématique du Premier Empire, est un corps d’armée d’élite où se trouvent les meilleurs soldats de l’armée. Pour la rejoindre, les soldats doivent faire 1m70, avoir servi un certains temps dans l’armée (entre 8 et 10 ans) et avoir fait preuve d’un comportement irréprochable. C’est en 1812 que la Garde Impériale sera à son apogée, avec plus de 110 000 hommes (contre 10 000 à sa création).
Bien que le signalement de Jean ne soit pas rempli sur son registre matricule, nous pouvons en déduire qu’en intégrant la Garde Impériale il devait être grand pour l’époque !

Chasseurs à pieds de la garde impériale

Après son incorporation pour la Garde Impériale, il est nommé tambour entre 1812 et 1815. Le rôle des tambours est crucial dans l’armée napoléonienne: ce sont des soldats musiciens chargés d’accompagner les troupes dans leur avancée et dans leur quotidien (réveil, alarmes, distributions, disciplines, manoeuvres…). Ils donnent également la cadence lors des combats et des tirs. Deux tambours sont prévus par compagnie (150 hommes). Quoiqu’il en soit, Jean accompagne l’Empereur lors de la campagne de Russie de 1812, qui va être une véritable débâcle: pris par le froid, l’armée est mise en déroute et de nombreux soldats français ne reviendront pas. La Garde Impériale elle, comme ce sera souvent le cas, ne prendra pas part aux combats. Elle va en revanche jouer un rôle décisif dans le secours apporté aux soldats de la Grande Armée. A la suite de cette campagne, il repart pour la campagne de la Saxe où se déroule la bataille de Liepzig en octobre 1813, à l’issue de laquelle l’Empire perdra l’Allemagne. La Garde se replie alors sur la France pour tenter de protéger l’Empire menacé par la coalition des alliés. Une nouvelle défaite des français mènera à la chute de l’empire en 1814 et à la première abdication de Napoléon suivi de son exil sur l’île d’Elbe. Mais ce dernier va rester seulement 10 mois sur l’île avant de revenir en France pour reconquérir l’Empire. Il va mener son dernier combat en Belgique, et la Garde Impériale, fidèle, sera à nouveau auprès de lui. Là encore, Jean LACROUTS participera à la campagne auprès de l’Empereur. C’est lors de la célèbre bataille de Waterloo le 18 juin 1815 que l’armée napoléonienne sera à nouveau mise en déroute. La France est à nouveau envahie et Napoléon est contraint d’abdiquer définitivement. C’est la fin du Premier Empire.

La Bataille de Waterloo, Clément Andrieux, 1852

C’est durant cette période au sein de la garde impériale que Jean va être décoré de la Légion d’honneur, le 21 février 1814.

Suite à la fin définitive du Premier Empire, la Grande Armée est complètement dissolue, et Jean se voit intégrer la Garde Royale (qui serait en quelque sorte le successeur de la Garde Impériale) le 11 octobre 1815. N’ayant pas encore entamé de recherches de ce côté là et n’ayant pas retrouvé son acte de décès, je perds complètement sa trace – je sais uniquement grâce à son dossier de légionnaire qu’il est toujours tambour au sein du 1er régiment d’infanterie la Garde Royal en 1817.

Jean LACROUTS (ou plutôt LACROUX ou LACROIX selon sa fiche matricule et son dossier de légionnaire) aura passé plus de 18 ans aux armées, et surtout, il aura vécu et survécu à toute la période napoléonienne et à ses guerres, de façon ininterrompue au sein de la Grande Armée et puis de la Garde Impériale. Un sacré parcours.

Jean LACROUTS DIT LACOMME, frère de Marguerite LACOUME
2. Arnaud LAVIGNE
3. Pierre LAVIGNE
4. Catherine LAVIGNE
5. Marie Thérèse LAÏRE
6. Léo FONTAINE
7. Ma grand-mère maternelle
8. maman
9. moi

#genealogie30 – Flore CATTEAU: son décès

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le décès de Flore CATTEAU pour répondre à la quatrième question du challenge #genealogie30.

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Acte de décès de Flore Justine Camille CATTEAU du 26 mai 1882 (source: AD59, 1 Mi EC 636 R 005 (1881-1899) )

Flore CATTEAU s’éteint le 25 juin 1882 à six heures du matin, dans sa maison située au bourg de Wambrechies. Elle a alors 64 ans. Son décès est déclaré le lendemain par son fils Emile Clarisse CASTEL âgé de 40 ans, et son voisin et Carlos CARDON. Henri CASTEL, son mari, est quant à lui toujours en vie au moment de son décès.
Son inventaire après décès, sur lequel nous reviendrons au cour de ce challenge, ne mentionne pas de frais liés à la maladie. En revanche, les frais funéraires nous laissent imaginer que les obsèques se sont déroulés en grande pompes.

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Eglise St-Waast de Wambrechies

A la suite du décès, la maison des CASTEL-CATTEAU est marquée de tentures funéraires, et chacun peu rendre un dernier hommage à la défunte sur son lit mortuaire. Le jour des obsèques, un obit à lieu à l’église de Wambrechies. Enfin, l’inhumation dans un caveau décoré d’un monument funéraire en marbre au cimetière de Wambrechies sera suivie d’un important diner.

Malheureusement, je ne sais pas si la tombe de Flore ainsi que le caveau familial existent toujours au cimetière de Wambrechies.

 

 

#genealogie 30 – Flore CATTEAU: son second mariage avec Henri Joseph CASTEL

Poursuivons avec notre présentation de Flore CATTEAU. Aujourd’hui, je continue de répondre à la deuxième et la troisième question de ce challenge #genealogie30 à propos du mariage, et en l’occurence de son second mariage.

Rappelez vous, après quatre années de mariage, Florimond LEGRAND décède à seulement l’âge d’à peine 40 ans, le 15 octobre 1845. Flore se retrouve alors avec deux petits en bas âge, âgés de trois et un an. Elle va se remarier rapidement, avec Henri CASTEL.

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Extrait de l’acte de mariage entre Henri Joseph CASTEL et Flore Justine Camille CATTEAU du 12 mais 1847 (source: AD59, cote 5 Mi 044 R 410 (1843-1851))

Le 12 mai 1847 s’unissent donc à Wambrechies Flore CATTEAU veuve LEGRAND et Henri CASTEL. En réalité, les deux jeunes gens se connaissaient déjà, et pour cause: Henri CASTEL n’est autre que le cousin germain de Florimond LEGRAND !

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Arbre d’Henri CASTEL sur trois générations

 

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Arbre de Florimond Joseph sur 3 générations

A nouveau, bien que non mentionné dans l’acte de mariage, un contrat de mariage a été fait le 12 mai 1847 devant Maitre Guérin, notaire à Wambrechies. Là aussi, les archives de ce notaire ne se trouvent pas aux archives départementales.

Les mariés ont pour témoins:
Honoré BUTIN, 34 ans, arboriste, cousin de l’époux – également cousin de Florimond LEGRAND
Jean Baptiste DEMARCQ, 32 ans, beau frère de l’époux – marié donc à sa soeur, Sabine Flavie CASTEL
– à nouveau Augustin Joseph, 21 ans et Louis Emile Joseph CATTEAU, 25 ans, cabaretiers et frères de la mariée

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Il est fort probable que de nombreuses personnes déjà présente au mariage de 1841 aient été également présentes à ce mariage. Les parents d’Henri CASTEL, encore vivants, étaient présents mais aussi certainement l’ancienne belle-mère de Flore, Augustine CRAMET, tante d’Henri.

 

 

 

#genealogie30 – Flore CATTEAU: son premier mariage avec Florimond Joseph LEGRAND

Aujourd’hui, dans le cadre du challenge #genealogie30, nous allons aborder la question suivante: 2. Est-ce que j’ai toutes les informations sur son mariage? Qui était présent? Liens de parenté?. Et comme je ne fais rien comme il faut, je répondrais également à la question de demain, à savoir: 3.  Comment s’est déroulé son mariage?
Etant donné que Flore CATTEAU s’est mariée deux fois, j’aborderai le premier mariage aujourd’hui et le second demain.
C’est parti !

Flore et son premier époux, Florimond Joseph LEGRAND, mon ancêtre, s’unissent le mercredi 26 mai 1841, devant le maire de la ville de Wambrechies, Ignace François FLORY. Florimond, 36 ans, est cultivateur, comme indiqué sur l’acte. Seule sa mère, Augustine CRAMET, 61 ans, est présente et consentente au mariage. En effet, son père, Charles Louis Joseph LEGRAND, est décédé lorsque Florimond avait 3 ans.

Flore a 23 ans au moment de ce premier mariage. Il est également indiqué sur l’acte qu’elle est cultivatrice. Ses parents sont tous deux décédés quelques années auparavant. C’est pourquoi l’acte de mariage nous apprends beaucoup sur l’ascendance de Flore, car il y mentionne également ses grands-parents paternels, Jean Baptiste CATTEAU et Marie Joseph DELEBECQUE, ainsi que ses grands-parents maternels, Pierre DECARNE et Antoinette Rose DUQUESNE. Tous sont décédés au moment du mariage.

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Extrait de l’acte de mariage en date du 26 mai 1841 à Wambrechies (source: AD59, cote 5 Mi 044 R 409 (1828-1842) )

Nous sommes en 1841, et à ce moment là, l’existence d’un éventuel contrat de mariage n’est pas encore systématiquement mentionné dans l’acte de mariage (il faudra pour cela attendre 1850). En revanche, la lecture d’autres actes notariés va nous apprendre qu’il a été fait un contrat de mariage, le 12 mai 1841, devant Maitre Flory – le même qui marie nos deux tourtereaux !- , notaire à Wambrechies. Malheureusement, les archives de ce notaire n’ont pas été conservées.

Assistent au mariage en qualité de témoins:
Charles Louis Florimond Joseph LEGRAND, marchand boucher de 38 ans, frère aîné du marié.
Adolphe Ignace DESPAGNE, boucher, 29 ans, demi-frère du marié. En effet, trois ans après la mort de son mari, Augustine CRAMET épouse Jean Baptiste Xavier Joseph DESPAGNE. Le couple aura au moins 5 enfants.
Augustin Joseph, 21 ans et Louis Emile Joseph CATTEAU, 25 ans, cabaretiers et frères de la mariée.

Tous sont domiciliés à Wambrechies.

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A nouveau, et comme pour l’acte de naissance de Flore, le registre en ligne semble être un double, et les signatures en bas de l’acte ne sont pas apposées.

J’ignore comment s’est déroulé le mariage ainsi que les noces. Je peux juste affirmer que l’union sera plutôt de courte durée: Florimond LEGRAND décède quatre ans plus tard, le 15 octobre 1845, à la veille de ses 40 ans.

 

#genealogie30 – Flore CATTEAU: sa naissance

En ce mois d’avril, Sophie Boudarel (Gazette des Ancêtres) nous propose d’interroger la vie de nos ancêtres à partir de 30 questions (soit une par jour !). Après avoir fait une première fois le challenge d’une traite en vous racontant la vie d’Andréa GALLOIS, je vais, cette fois ci, vous parler d’une autre de mes ancêtres, Flore Camille Justine CATTEAU, à raison de – presque – un article par jour.

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Flore CATTEAU, date inconnue (source: archives familiales)

Nous commençons aujourd’hui, premier jour du challenge #genealogie30, avec la naissance de Flore CATTEAU (sosa 127), mon ancêtre à la 7ème génération, la mère de Zulma LEGRAND.

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Wambrechies sur les plans de l’état-major (source: géoportail)

Flore Justine Camille est née le 30 janvier 1818, à deux heures de l’après-midi, à Wambrechies, dans le Nord. C’est son père, Augustin François Joseph CATTEAU, cabaretier âgé de 40 ans, qui va déclarer le lendemain la naissance à l’officier de l’Etat Civil – en l’occurence ce jour là il s’agit de l’adjoint au maire de la ville, Monsieur DESBONNETS. Il est accompagné d’Auguste BEGHIN, son neveu âgé de 23 ans et de Michel Henri Louis DELATTRE, instituteur de Wambrechies. Tous les trois signeront l’acte, mais les signatures ne seront pas apposées sur le registre qui est en ligne sur les archives départementales du Nord – et qui doit être donc le doublon.

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Acte de naissance de Flore Justine Camille CATTEAU du 31 janvier 1818 (source: AD59, cote 5 Mi 044 R 408 (1813-1827) )

Flore Justine Camille CATTEAU (1818-1882)
2.Zulma LEGRAND
3. Isabelle PAUX
4. Anne Marie COUTIER
5. Ma grand-mère maternelle
6. maman
7. moi

 

#genealogie30 – La vie d’Andréa GALLOIS

En cette période de confinement, Sophie (alias Gazettedesancetres) ne manque pas d’idées pour nous occuper et nous mettre au travail. Ce mois-ci, elle nous invite, à partir de 30 questions, à raconter la vie de nos ancêtres. Pour ce nouveau challenge, j’ai choisi de vous parler dans un premier d’Andréa GALLOIS, mon arrière-arrière grand-mère. En effet, je ne me suis pas tout à fait prêtée au jeu et j’ai d’emblée rédigé un article biographique sur mon aïeule. Mais comme je suis joueuse, je vais également vous parler tous les jours d’une autre ancêtre d’une autre branche.

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Extrait de l’acte de naissance d’Andréa Gallois, le 25 janvier 1889 à Roissy-en-France (source: AD95, cote 3E145 31 (1883-1894) )

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Andréa GALLOIS vers 1917

Andréa est née le 24 janvier 1889 à Roissy-en-France (95). Elle est le troisième et dernier enfant – mais la première fille – de Jules René, maçon de 36 ans, et Adélaïde BRULE, couturière de 28 ans. Tous deux originaires de Roissy-en-France, ils se sont mariés au retour du service militaire de Jules René, en 1880. Et il était temps que ce mariage ait lieu, car 5 mois plus tard, Adélaïde met au monde leur premier fils, Jules Désiré. Le 6 septembre 1882 naît Armand Léon, second enfant du couple. Il faudra dont attendre sept ans avant qu’arrive la petite dernière, Andréa.

 

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Roissy-en-France sur les cartes 1950 (source: géoportail)

Avant d’en arriver à la naissance d’Andréa, je souhaiterai faire un petit saut dans le passer, remonter le temps et de détailler un peu les racines familiales.

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L’arbre d’Andréa Gallois (cliquez pour agrandir)

Le nom de famille GALLOIS est très répandu en France. Il signifie, entre autre, bon vivant. On le retrouve donc aux quatre coins de la France, avec une nette concentration dans la Marne et l‘Ile de France. Mes GALLOIS ne dérogent pas à ces observations et viennent, pour le plus loin que j’ai remonté, du Val d’Oise, et plus précisément d’Epinay-Champlatreux.

C’est le grand-père d’Andréa, Jean Baptiste (1817-1904), qui va s’installer à Roissy-en-France. Avant ce déplacement, il épouse Louise Marguerite GOUJAT, originaire de Vaudherland (95) et installée depuis quelques années au Mesnil-Aubry (95). Le couple va y vivre quelques années et y fonder leur famille, avant de quitter le petit village pour Roissy.

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Les BRULE, patronyme de la mère d’Andréa, sont également un peu présents partout en France, et en particulier dans la moitié nord. Nos BRULE semblent originaires de Roissy-en-France depuis toujours – en tout cas depuis aussi loin que les registres peuvent nous permettre de le vérifier. Honoré Pierre, le grand-père d’Andréa donc, est journalier à Roissy. Il épouse à 34 ans une belge, Marie Catherine LELEUX, domestique sur Roissy. Elle est arrivée en France seule, tandis que sa famille est restée en Belgique, à Momignies, dans la Province du Hainaut, tout près de la frontière franco-belge.

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Momignies vers 1910

Revenons donc au 24 janvier 1889, jour de la naissance d’Andréa. Son père, Jules René, va déclarer sa naissance le lendemain, accompagné de son père Jean Baptiste, et de son beau frère, Victor BOIVIN.

Andréa sera la petite dernière de la famille. Elle va grandir auprès de ses frères, mais aussi auprès de sa grand-mère maternelle Marie Catherine, veuve depuis 1883. La famille vit ensemble dans la même maison, jusqu’au décès de Marie Catherine en 1896.

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Cadastre de Roissy en 1819 (source: AD95)

J’ignore si Andréa a fréquenté l’école des filles de Roissy. Je sais seulement que ses frères n’ont pas bénéficié d’instruction publique. En revanche, les parents leurs ont appris à lire et à écrire.

Son frère Armand se marie après son service militaire en 1908, avec une jeune femme de Roissy. Son frère aîné, Jules Désiré, est quant à lui est resté célibataire: il vit auprès de ses parents et aide son père dans l’entreprise familiale de menuiserie.

Au début de l’année 1911, Andréa tombe enceinte et va mettre au monde le 16 novembre 1911 une petite fille, mon arrière-grand-mère, Léone Octavie. Malgré cette naissance dite naturelle, le père n’est pas inconnu: il s’agit d’Octave SONNIEZ, un couvreur de 28 ans vivant depuis toujours à Roissy. Lui aussi, il aide son père ans l’entreprise familiale, et pour cause, il est le seul fils du couple et a trois soeurs ! Il est très probable, dans ce petit bourg du début du XXe siècle, que les deux jeunes gens se connaissaient depuis fort longtemps.

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L’église de Roissy-en-France

Leur union s’officialise devant la mairie et l’église de Roissy le 15 avril 1912. Le couple s’installe alors dans une maison située Grande Rue de la Barre (aujourd’hui rue de Paris) que leur loue la mère d’Octave. Cette dernière cède également le fonds de commerce d’entreprise de couverture et le fonds de commerce de marchands de vin, qu’elle tenait encore jusqu’à présent.

Une deuxième petite fille va rapidement naître le 13 juillet 1913. Ses parents lui donneront le prénom de Rolande.

Nous arrivons en aout 1914, et la guerre touche de plein fouet les hommes et leurs familles. Octave n’y échappe pas, et il rejoint le 89e Régiment d’Infanterie le 11 août. Andréa se retrouve seule avec ses deux petites filles de deux et un an. Heureusement, elle va pouvoir compter sur sa belle mère, Adeline VIARD ainsi que sur ses belles-soeurs.

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Photo prise vers 1917. De gauche à droite en partant du haut: une des soeurs SONNIEZ (certainement Léonie Adeline), tenant dans ses bras Robert DEJARDIN, fils de Léonie Adeline SONNIEZ; un autre soeur SONNIEZ (Adèle Julie ou Eugénie Louise); Andréa GALLOIS, un des fils de l’une des soeurs SONNIEZ; Adeline Viard; Léone SONNIEZ, mon arrière-grand mère; et enfin sa petite soeur Rollande (source: archives familiales (encore un grand merci à ma cousine Delphine pour cette photo !))

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Fiche de demande de renseignements d’Octave SONNIEZ (source: archives de la Croix Rouge)

Cette entraide ne va en rien retirer l’angoisse dans laquelle va vivre Andréa durant de long mois: très rapidement, et dès les premières semaines du conflit mondial, Octave est porté disparu. C’est quelques mois (voir années?) plus tard qu’elle va apprendre que son mari est fait prisonnier au Sennelager III, en Allemagne.

 

En effet, combattant dans le 267e régiment d’Infanterie, Octave et les soldats du 18e bataillon dont il fait partie, vont le 27 août 1914 couvrir le passage des différentes régiments de la brigade. Ils sont pris par surprise et attaqués le 28 août par les allemands alors qu’ils protégeaient le pont de Monceau-sur-Oise, dans l’Aisne. 450 soldats et 5 officiers appartenant au 267e régiment disparaissent. Parmi eux, Octave. On apprendra plus tard que nombreux ont été fait prisonniers, et certains ont été fusillés.

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Difficile de connaitre précisément le parcours d’Octave dans les camps de prisonniers allemands. Sa fiche matricule ainsi que la fiche de demande de renseignements du CICR indique qu’il est fait prisonnier au Sennelager, tandis qu’une photo de lui prisonnier indique au dos le camp Munster I. Peut-être a t-il fait les deux durant sa période de captivité?

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Les camps de prisonniers en Allemagne. En rouge, les camps de Munster et de Senne (source: gallica)

La vie au camp de Munster, je l’ai déjà rapidement évoquée, car c’est là que Georges PAUX, le frère de mon arrière-arrière grand-mère Isabelle PAUX, a été emprisonné durant près de deux ans avant d’être évacué vers un autre camp. Le camp de Sennelager se trouve quant à lui au Sud-Est de Munster. Il est fort probable que la vie dans ce camp soit similaire à celle du camp de Munster.

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Octave SONNIEZ, le 28 octobre 1916 (source: archives personnelles)

Octave va être prisonnier durant toute la guerre. Quatre années passées dans les camps. Après l’armistice, il est rapatrié en France le 15 décembre 1918. Il ne reverrai jamais son épouse Andréa: celle-ci est décédée 4 mois plus tôt, le 2 août 1918, à l’âge de 29 ans – j’ignore actuellement les causes de son décès, même si l’inventaire après décès mentionne des frais de maladie.

Un inventaire après décès a donc lieu le 14 octobre 1920. Entre temps, Octave s’est remarié en juin 1919. Le père d’Andréa, Jules René GALLOIS, a été nommé tuteur des deux petites filles, Léone et Rolande, et semble présent pour Octave.

Revenons donc à la prisée qui a lieue dans la maison dans laquelle vivait le couple SONNIEZ-GALLOIS et dans laquelle Octave vit toujours – celle-ci appartenant, souvenez vous, à sa mère Adeline VIARD, qui est part ailleurs toujours en vie en 1920. On y apprend qu’Andréa avait un piano dans sa chambre et une machine à coudre. L’étude des papiers indique que le couple n’avait toujours pas réglé l’achat du fond de commerce à Adeline VIARD et qu’ils leur devaient encore une somme de 2000 francs. De même, le loyer dû durant la période de guerre n’avait pas été versé.

Octave va avoir deux autres enfants: Georges, né en juillet 1920, et Micheline, en mars 1924. Malgré quatre jeunes enfants à élever et à affectionner, la vie de ces quinze dernières années avaient été trop difficile pour Octave. Il partira de lui même le 12 octobre 1927.

Andréa GALLOIS (1889-1918)
2. Léone SONNIEZ
3. Mon grand-père maternel
4. maman
5. moi