#ChallengeAZ : X comme X

(source: archives familiales)

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une photo de mariage sur laquelle figure deux jeunes mariés, non identifiés au moment où je l’ai consultée – il y a maintenant 3 ans. Cette photo, je l’ai retrouvé dans le fond d’archives de la famille PAUX/COUTIER. J’ai essayé de la comparer à tout un tas d’autres photos: j’avais réussi à retrouver les deux jeunes mariés sur des autres clichés avec d’autres membres de la famille et des personnes tout à fait inconnues. J’ai fait des hypothèses pour identifier ces deux personnes, et j’étais sur piste, au final farfelue puisque j’ai eu une identification de ces deux personnes par un contact sur geneanet qui a reconnu les mariés et m’a donné leur identité.

Ces deux jeunes mariés sont Louis DAL et Marguerite LEHOUCQ. Ils ne sont ni des ancêtres, ni des collatéraux ou des alliés de mon arbre. Mais alors quels liens ont-ils avec ma famille?

Marguerite LEHOUCQ est née le 4 septembre 1897 à Marcq-en-Baroeul (59). Elle est la fille unique d’Auguste et d’Angeline CREPEL. Je connais déjà ces noms puisque c’est eux qu’Isabelle PAUX et ses filles vont rejoindre au Pontet en 1917. On retrouve donc le nom de ce couple ainsi que plusieurs photos où ils apparaissent dans les archives familiales. C’est également chez eux que vont vivre les deux filles aînées d’Isabelle en 1925-1926 lors de leur retour en France (la famille vit alors en Tunisie depuis 1920). Et c’est par ailleurs sur les photos prises à cette période de 1925-1926 que j’avais retrouvé nos jeunes mariés !

Louis DAL est quant à lui né le 12 juillet 1894, également à Marcq-en-Baroeul. C’est à son retour de la guerre qu’il épouse Marguerite. La photo a donc été prise le 30 septembre 1919.

La famille LEHOUCQ et la famille COUTIER vont donc rester en relation après le départ de ces derniers pour la Tunisie. Nous retrouvons encore le couple DAL sur des photos prises en 1931 à Roubaix, lors d’un voyage de la famille COUTIER dans le Nord.

1931 devant la maison de Georges PAUX à Tourcoing. Louis DAL se trouve à droite, deuxième rangée, tandis que Marguerite LEHOUCQ est à droite, première rangée, à côté de son fils Michel (source: archives familiales)

Ensemble, le couple va avoir un fils, Michel. Né en 1922, il a pratiquement l’âge de mon arrière-grand-mère. Sur les photos, on les retrouve proche ou mains dans la mains. Probablement qu’il était un compagnon de jeux pour elle.

Au centre, mon arrière-grand-mère Annie, tenant la main de Michel DAL. Les parents de ce derniers sont à gauche, côte à côte. (source: archives familiales)

A partir de quand les deux familles n’ont plus eu de liens? Est-ce suite à la mort de Louis COUTIER en 1934? Ou dès la guerre en 1939? Mystère. Michel DAL décèdera le 28 janvier 2002 à Liévin (60), soit quelques mois avant mon arrière grand-mère, son amie d’enfance, décédée en juillet 2002.

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#ChallengeAZ : W comme War

(source: archives familiales)

Tunis, 7 mai 1943. L’armée britannique entre dans Tunis pour la libérer de l’occupation allemande. Contrairement à l’indication ajouté sur ordinateur de nombreuses années après, la photo n’a pas été prise le 7 mars 1943 à Tunis. Isabelle PAUX, mon arrière grand-mère présente sur la photo, à la gauche du militaire, avec sa robe colorisée en bleue, se plait à rédiger son quotidien: souvenez vous, c’est grâce à elle que nous sont parvenu des carnets qu’elle rédigeait quotidiennement sous la première guerre mondiale. Elle a fait de même durant la seconde guerre mondiale et notamment en 1943 en Tunisie, où elle vit depuis plus de 20 ans.

Isabelle PAUX en 1941 (source: archives familiales)

Isabelle a 67 ans sur la photo et elle est veuve depuis neuf ans. Elle vit au Sers, près du Kef, avec sa fille Isabelle, son gendre Philippe et leurs quatre enfants. Louise et Annie, les deux autres filles d’Isabelle PAUX, sont quand à elles domiciliées à Tunis. Quant a Claire, elle est décédée depuis neuf ans déjà.

Comme je l’indiquais en introduction de cet article, cette photo a donc été prise non pas à Tunis mais au Sers, le 12 mai 1943, quelques jours après la libération de la grande ville. Isabelle le consigne dans ses carnets: un tank est arrivé avec 14 américains, l’occasion d’immortaliser cet instant:

« Les enfants ont grimpé, les grands se sont assis sur les sièges, les 14 américains ont posé devant. J’ai pris 2 photos, la seconde avec la famille seulement.« 

Si ce moment, qui marque la fin de la campagne tunisienne et la libération des villes, est un grand soulagement, Isabelle n’est pas pour autant rassurée puisqu’elle n’a pas de nouvelles de ses filles restées à Tunis. Et pour cause : elle est particulièrement inquiète pour les enfants de sa fille Louise, car dans le journal La Tunisie, elle pu lire qu’il avait été fait mention de la famille d’Annie, mon arrière grand-mère, avec « Annie et ses enfants » mais concernant Louise, seul sont prénom a été cité.

Il lui faudra attendre encore dix jours pour avoir des nouvelles de ses filles, et quelles nouvelles ! Toutes deux et leur famille vont bien: elles attendent par ailleurs chacune un enfant ! A ce moment là de mai 1943, l’enfant qu’attend Annie n’est autre que ma grand-mère maternelle, qui viendra au monde quelques mois plus tard.

Isabelle PAUX
2. Annie COUTIER
3. Ma grand-mère maternelle
4. maman
5. moi

#ChallengeAZ : V comme Voy a Argentina

Embarquement à Bordeaux à bord de l’Atlantique (source: visaenbordelais.fr)

5 novembre 1873, sur le quai du port de Bordeaux (33). Jean, 11 ans, serre fort la main de sa grande soeur Catherine Désirée, tout juste âgée de13 ans. Ils ont déjà quitté depuis quelques temps déjà leur père, Pierre LAVIGNE et leur mère Marie LATREYTE, ainsi que leur frère et leurs trois soeurs – la plus jeune, Marie, n’a seulement que quelques mois. Ils ont dit adieu à leur vallée béarnaise qui ne leur offrait que peu de perspectives d’avenir. Comme beaucoup d’autres dans la région, ils sont partis tenter leur chance en Amérique du Sud. C’est pour cela qu’ils embarquent aujourd’hui à bord du Niger, un paquebot des Messageries Maritimes, en direction de Buenos Aires, en Argentine.

Cette histoire là, je l’ai déjà raconté dans les grandes lignes, quand, il y a près de 4 ans, j’ai découvert que j’avais des cousins en Argentine, suite au départ de plusieurs enfants de la branche LAVIGNE de mon arbre qui se sont implantés de l’autre côté de l’Atlantique – parmi eux mon arrière-arrière-arrière-grand-mère Catherine, qui restera quelques temps en Argentine avant de revenir en France. En effet, c’est une cousine descendante des LAVIGNE d’Argentine qui a réussi à me retrouver grâce à mon arbre en ligne sur geneanet, en quête de ses ancêtres français. De mon côté, mes recherches se poursuivent, et je tente peu à peu de reconstituer la famille LAVIGNE et de retracer son parcours dans ce pays d’Amérique du Sud où tout semblait alors possible.

Port de Buenos Aires (source: delcampe)

Jean et Catherine débarquent un mois plus tard à Buenos Aires. La température est douce, nous sommes bien loin des hivers rudes du Béarn, et pour cause: ici en décembre c’est l’été ! Qu’ont pu ressentir ces deux enfants arrivés dans un tout nouveau pays? Qu’ont ils fait dès leur arrivée? Mystère, mais il est cependant probable qu’ils aient suivi des compatriotes arrivés comme eux sur ces terres inconnues.

C’est 10 ans après leur arrivée que Jean et Catherine Désirée sont rejoins par Céléstin, 17 ans et Catherine, 16 ans, leur frère et soeur – mon AAAGM donc. Tous deux embarquent sur l’Orenoque à Bordeaux le 5 décembre 1883. La suite concernant Catherine vous la connaissez: elle ne restera pas en Argentine et repartira pour la France avant 1888.

25 de Mayo (source: delcampe)

Situation de 25 de Mayo (source: wikipedia)

La famille LAVIGNE va s’installer pour la ville de 25 de Mayo, à 220km de Buenos Aires. Là bas, Jean et Celestin sont cochers: ils relient les villes de San Carlos, Carhué et Chivilcoy. Ces liaisons, ils les font à bord de la Constante, dont ma cousine m’a envoyé une illustration.

(source: archives personnelles)

C’est probablement de part son métier que Celestin va rencontrer à Chivilcoy et épouser Honoria CAMPAGNOLA, une jeune femme née à Capilla del Senor dont les parents sont également français. C’est dans cette ville distante de 75km de 25 de Mayo et de 170km de Buenos Aires que le couple va s’installer. Ils auront au moins huit enfants.
Concernant Jean, je perds sa trace à Buenos Aires où il vit en 1904. Je ne retrouve plus Catherine Désirée en Argentine. Quant à Marie, elle se marie avec un français et s’installe avec lui à Buenos Aires: ils y vivent au 947 calle Esmeralda en 1904. Enfin, Claire vit en 1902 à Chivilcoy. Si j’ai pu retrouver toutes ces informations sur cette fratrie, c’est parce qu’ils semblent être restés proches, même lorsque la distance les séparaient. En effet, on les retrouve témoins aux naissances des enfants de chacun d’entre eux, et c’est à travers les actes de baptêmes que j’ai pu les suivre.

Chivilcoy (source: delcampe)

Cependant, beaucoup de questions demeurent sur cette famille. Qu’est ce qu’est devenu Jean? Pourquoi Catherine, mon ancêtre, est-elle retournée en France? Où sont passées Catherine Désirée, Claire et Marie après 1904? Et surtout: est-il toujours en lien avec leur famille, restée en France?

Ce mois-ci, j’ai eu la chance de rencontrer à Paris ma cousine venue d’Argentine, dont l’arrière-grand-père est Celestin, arrivé en Argentine en 1883. Elle m’a montré de nombreuses photos de cette famille des Pyrénées, venue s’installer définitivement dans ce grand-pays qu’est l’Argentine. Aujourd’hui, nous recherchons ensemble les origines des LAVIGNE, et essayons de remonter les branches tant bien que mal. Les recherches dans les pyrénées sont loin très loin d’être faciles et nombreux sont les registres manquants. Mais ça, c’est une autre histoire.

Catherine LAVIGNE
2. Marie Thérèse LAIRE
3. Léo FONTAINE
4. Ma grand-mère maternelle
5. maman
6. moi

#ChallengeAZ : U comme Usine de crayon

Usine de Crayons à Buzet-sur-Baïse (source: delcampe)

Situation géographique de Buzet-sur-Baïse (source: wikipédia)

C’est une étape dans le parcours d’exil de mon arrière-grand-mère Marie SARAFIAN. Après avoir quitté Athènes le 16 octobre et débarqué à Marseille le 28 octobre 1926 avec son père, sa mère, son frère Diran et sa petite soeur Alice, Marie rejoint la petite commune de Buzet-sur-Baïse, dans le Lot-et-Garonne, située à plus de 400 km de Marseille. Marie et sa famille ont obtenu un visa pour se rendre à Paris. Pourquoi donc est-elle partie là bas? A t-elle suivi des compatriotes? Même si je n’en ai pas la certitude, il est fort probable que ce ne soit pas Marie seule qui soit partie à Buzet mais toute sa famille: en effet, mon arrière grand-mère n’avait alors que 14 ans et c’est la première fois qu’elle venait en France.

Une article publié en octobre 1926 dans le Travailleur du Lot-et-Garonne me donne cependant une piste au sujet de l’arrivée de cette famille. L’usine a semble t-il fait venir des hommes et des femmes depuis la Grèce pour les faire travailler. Peut-être avons nous là un début d’explication?

Extrait du Travailleur du Lot-et-Garonne du 9 octobre 1926 (source: Retronews)

Là bas, la famille va vivre et travailler à l’usine de crayon de la compagnie Franco Belge, autrement appelée Franbel. Le moulin dans lequel est située l’usine est acheté en 1919 par un certain Maurice FABER, parisien et industriel qui possède déjà une fabrique de crayons dans les Ardennes. L’usine de crayon Franbel naît, avec la participation d’actionnaires français et belges. Très rapidement, de nombreux crayons sortent de l’usine et sont vendus dans toute la France: ce sont plus de 50 milions de crayons qui sont produits chaque année dès 1921. L’usine va être l’une des plus importantes de l’entre-deux guerres et Buzet va devenir la capital du crayon.

Marie et sa famille vont être logés dans les habitations de la compagnie Franco Belge (probablement situées à proximité de l’usine?).

Ouvrières à l’usine de crayons (source: delcampe)

La famille ne restera que deux ans à Buzet-sur-Baïse. En 1928, on la retrouve à Arnouville-les-Gonesse (95), où réside déjà de nombreux compatriotes arméniens. Après ce court passage dans le sud de la France, la famille SARAFIAN s’installera en région parisienne de façon définitive.

Marie SARAFIAN
2. Mon grand-père paternel
3. papa
4. moi

#ChallengeAZ : T comme Tunisie

Maison de la famille COUTIER, à Sidi Tabet en Tunisie, 1921 (source: archives familiales)

Voici une photo de la Tunisie parmi des centaines d’autres. En effet, la Tunisie est la deuxième partie de la vie de la famille COUTIER, et, souvenez-vous, lors de mon premier challengeAZ en 2018, de l’article épilogue où j’expliquais que ma branche COUTIER avait définitivement quitté le Nord pour la Tunisie après la guerre.

Revenons donc un peu en arrière. A la sortie de la guerre en 1919, Isabelle PAUX, épouse COUTIER, et ses trois filles, Isabelle, Louise et Claire, regagnent la ville du Mouvaux qu’elles avaient quitté pour rejoindre Avignon (84) en 1917. La maison située rue Duriez a été complètement saccagée par les Allemands qui l’ont occupée durant toute la guerre. La fabrique de couleurs de Louis, son mari, a été en partie détruite. L’avenir reste sombre et incertain à Mouvaux. Cependant, la vie renaît quelque peu dans la famille COUTIER puisque, le jour de la commémoration de l’armistice en 1920, Isabelle met au monde une petite fille, Anne Marie, dite Annie, mon arrière grand-mère maternelle. Le couple souhaite offrir un avenir meilleur à ses quatre filles, et c’est pourquoi ils répondent à l’appel pour s’installer sur des terres de colonisation sous le soleil de Tunisie. Un mois plus tard, on retrouve Louis COUTIER et ses trois filles aînées rejoignent Sidi-Tabet (aujourd’hui orthographié Sidi-Thabet), en Tunisie, où ils vont s’installer durant une vingtaine d’année. Puis ce sera au tour d’Isabelle et de la petite Annie de les rejoindre quelques mois après.

Situation de Sidi Tabet sur la carte de la Tunisie (source: Le routard)

Mohammed Sadok (source: Herodote)

Situé à une trentaine de kilomètres au Nord-Ouest de Tunis, Sidi-Tabet est, avant la mise en place du protectorat français en 1881, un domaine appartenant au Bey du Tunis, Sadok. Concédé à titre grâcieux en 1866 à un certain M. Sancy, français venu tenter sa chance à Tunis, le domaine a pour vocation d’être transformé en un important haras, selon les conditions fixées par le Bey. Seulement voilà, M. Sancy, personnage peu scrupuleux, ne va pas mener à bien les objectifs donnés par le Bey. Plus que ça: il va même profiter des fonds qui vont lui être versés pour la construction du haras. Le Bey, face à l’attitude du concessionnaire, va souhaiter récupérer son bien, or il va se heurter au consulat français qui va lui imposer de laisser le domaine aux mains de M. Sancy. Ce dernier, devant sa propre situation économique – catastrophique – cédera Sidi-Tabet en 1881 à la Société Marseillaise (devenue par la suite Société Franco-Africaine). Cette société va faire de ce domaine ce qu’il devait être dès le départ: un important haras. Pour la petite histoire, M. Sancy sera quant à lui nommé représentant de la commission des finances au moment de la mise en place du protectorat (!).

La Société Marseillaise va fortement contribuer au développement de Sidi-Tabet: infrastructures, élevage, agriculture.. A la fin du XIXe siècle, le domaine se voit accueillir des stagiaires de l’Ecole coloniale d’agriculture de Tunis: on en compte une dizaine en 1900.

Haras de Sidi-Tabet (source: delcampe)

En 1896, la Tunisie compte 16 000 français sur son sol, contre un milliers lors de la mise en place du Protectorat en 1881.

A la veille de la Grande Guerre, la Société cède à l’Etat Français des terres situées à proximité du haras de Sidi-Tabet. Ces « terres de colonisation » sont destinée à être vendues et exploitées par des français: cultures maraichères, vignobles, élevages… Ces terres vont prendre le nom de domaine de Révoil, en mémoire de l’administrateur français et gouverneur de l’Algérie Paul Révoil, décédé en avril 1914. A la fin de la guerre, le domaine est divisé en 3 types de lots différents. Le dernier type contient des lots de « petite colonisation », destinés à « une catégorie d’immigrants, à peu près sans ressources et par préférence aux mutilés de guerre ou aux personnes ruinées par l’invasion allemande« . Est-ce de cette manière là que les COUTIER, famille de la petite bourgeoisie lilloise, a acquis des terres ? Probablement. Nous retrouverons Louis et ses trois filles aînées dès le mois de décembre 1920 au domaine Révoil.

Le Public, 29 juin 1919 (source: Retronews)

Extrait de la carte de la province d’Ariana, établie par le Service géographique de l’armée en 1936 (source: 1886.u-bordeaux -montaigne.fr)

Là bas, la famille COUTIER s’installe plus précisément à Sidi Saada (en jaune sur la carte ci-dessus), du nom du fameux marabout, où elle cultive la vigne. Une coopérative viticole se développe par ailleurs à Sidi Tabet.

Vendanges à Sainte-Anne, début 1920 (source: archives familiales)

Vendanges en 1926. Je reconnais mon arrière grand-mère au premier plan de dos, ainsi que son père, Louis COUTIER, à gauche de la photo. (source: archives familiales)

Coopérative de Sidi Tabet (source: archives familiales)

Isabelle PAUX et sa fille Annie, mon arrière-grand-mère, vers 1927 à Sidi Tabet (source: archives familiales)

La famille va faire quelques voyages en France – voyages que j’ai pu évoquer durant ce challenge. Les filles COUTIER vont se marier en Tunisie: d’abord Louise et Isabelle en 1928, puis ensuite Claire en 1931. Et viennent les premiers enfants – les petits enfants de Louis COUTIER et Isabelle PAUX – , avec huit naissances en 1928 et 1934. Alors que la vie suit son cours, le malheur va s’abattre sur la petite famille: Claire décède subitement de la tuberculose le 15 juillet 1934, à l’âge de 22 ans. Elle laisse deux très jeunes garçons, l’un de deux ans et demi et et l’autre de 9 mois. Louis COUTIER ne se remettra jamais de la mort de sa fille. Assailli par le chagrin, il décède quelques semaines après elle.

En 1938, Isabelle PAUX, restée veuve, marie sa dernière fille, mon arrière-grand-mère Annie, avec un jeune militaire originaire des Charentes, en garnison en Tunisie. Elle a entre temps quitté Sidi Tabet pour s’installer au Sers, petite ville située à une trentaine de kilomètres du Kef. Là-bas, elle va connaitre à nouveau la guerre lors de la campagne de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943 – cet épisode sera l’occasion d’un prochain article durant ce challenge !

Isabelle décède en septembre 1948 au Sers, à l’âge de 72 ans. Elle aura connu presque tous ses petits enfants: cette femme au sacré caractère leur laissera un souvenir impérissable. Après sa mort, ses filles puis ses petits enfant rentreront progressivement en France. Il n’y aura plus aucun descendants de Louis et Isabelle en Tunisie – devenue indépendante en 1956 – après 1958.

Sources pour aller plus loin sur Sidi Tabet avant la mise en place du protectorat:
- La Réforme économique, 1 novembre 1878 (Retronews)
- La Justice, 4 novembre 1881 (Retronews)
Louis COUTIER et Isabelle PAUX
2. Annie COUTIER
3. Ma grand-mère maternelle
4. maman
5. moi

#ChallengeAZ : S comme Sur le Pont d’Avignon

(source: archives personnelles)

Sur le pont d’Avignon,
On y danse, on y danse,
Sur le pont d’Avignon,
On y danse, tous en rond.

Mon arrière-arrière grand mère Isabelle PAUX et ses filles ont-elles dansé sur le pont Saint-Bénézet, le célèbre pont d’Avignon? Probablement que non. En plus de l’étroitesse du pont qui ne permettait pas d’y danser (on dansait plutôt « sous » le pont d’Avignon), le temps n’est pas à la fête: nous sommes en 1917 en pleine guerre mondiale, quand Isabelle se fait photographier avec ses trois filles sur le fameux pont. En effet, alors que les conditions de vie sont de plus en plus difficiles dans le Nord et que les villes de la région sont évacuées, Isabelle quitte sa maison occupée par les allemands et rejoint dans la région d’Avignon (84) une de ses amies et voisine, Mme LEHOUCQ. Louis COUTIER, le mari d’Isabelle, est quant à lui affecté à la poudrerie de Sorgues tout près de là, depuis quelques mois.

Les filles COUTIER – Isabelle, Louise et Claire – avec Monsieur et Madame LEHOUCQ au centre (source: archives personnelles)

Le soleil du Sud de la France: c’est une des raisons qui, après la guerre, poussera Isabelle à quitter son Nord natal pour la Tunisie – mais ça, ça sera pour demain.

Vue du pont en 1917 et aujourd’hui (sources: archives personnelles et AdobeStock)
Isabelle, Louise et Claire COUTIER, soeurs d'Annie COUTIER
2. Ma grand-mère maternelle
3. maman
4. moi

#ChallengeAZ : R comme Roissy-en-France et son cimetière

Photos envoyées par ma cousine Delphine (source: archives familiales)

Je les appelle « les inconnus du cimetière ». Ces trois photos a l’ambiance si particulière – notamment la dernière avec la femme devant la tombe ! – m’ont été envoyées par ma cousine Delphine. Elle aussi ignore qui sont ces personnes. Encore aujourd’hui, je ne suis pas parvenue à la identifier formellement. J’ai en revanche quelques hypothèses. Petit point sur cette enquête photo.

Où ?

Nous sommes au cimetière de Roissy-en-France (95). Il n’y a peu de doute là dessus: nous cousinons avec Delphine via une auparavant branche établie dans cette petite ville du Val d’Oise. Autre élément indiscutable: nous pouvons voir qu’une des photos à été prise auprès de la tombe de Léon Alfred SONNIEZ, décédé le 1er janvier 1902 et inhumé au cimetière de Roissy-en-France. La photo est assez nette pour lire ces informations. Enfin, je reconnais sans trop de difficultés le cimetière, où j’ai pu photographier moi même cette tombe en 2019.

Photographie de la tombe en février 2019 (source: photos personnelles)

Quand ?

focus sur la sépulture

Si au premier coup d’oeil de la photo de la sépulture nous pouvons lire de façon claire « Léon Alfred SONNIEZ décédé le 1er janvier 1902 à l’âge de 49 ans« , en regardant de plus près nous pouvons obtenir d’autres informations qui vont nous donner des indications sur la période à laquelle a été prise la photo. Premièrement, nous pouvons voir qu’il y a un autre nom d’inscrit sur la sépulture: il s’agit de celui d’Adeline VIARD « femme SONNIEZ décédée le 3 mai 1927 à l’âge de 73 ans« . Deuxièmement, si on regarde d’encore plus près, derrière ornements et fleurs funéraires, on peut deviner un autre nom et prénom: il s’agit là d’Octave Alfred SONNIEZ, décédé le 12 octobre 1927 à Roissy-en-France. Si nous prenons ces informations – peut-être y en a t-il d’autres, mais elles ne sont pas visibles – la photo à donc été prise au moins après le 12 octobre 1927. Enfin, l’état des arbres, dénudés de leurs feuilles, nous donne une indication sur la saison: nous sommes à priori en hiver.

Qui ?

Mais alors qui sont ces gens? Commençons d’abord à situer les personnes inhumées dans ce caveau.

Octave Alfred SONNIEZ est le fils du couple SONNIEZ/VIARD. Octave s’est marié une première fois avec Andréa Maria GALLOIS (1889-1918) en 1912 puis une seconde fois avec Gabrielle FROMENT (1894-1989), en 1919. Je descend de la première union tandis que ma cousine Delphine descend de la seconde – nous avons donc comme ancêtre commun Octave Alfred SONNIEZ. Pour rappel, la photo m’a été transmise par ma cousine Delphine qui l’avait en sa possession. La réponse au sujet de ces deux personnes est peut-être à chercher du côté de la famille FROMENT? Seulement voilà, une autre photo (également envoyée par Delphine), me laisse penser que ces deux personnes font peut-être partie de mon ascendance. Avant de voir ce que peux nous apprendre cette photo, penchons nous sur les deux individus de la photo.

Tout d’abord, si nous cherchons à décrire simplement ces personnes, nous avons là une femme et un homme, tous deux assez âgés: je dirais qu’ils ont plus de 65 ans. Sont-ils mari et femme? Frère et soeur? Mystère à ce stade là. Concernant leurs vêtements, ils sont tout deux habillés de façon très modeste. Concernant les intentions de ces deux personnes, il me semble assez évident qu’elles soient venues se recueillir sur la tombe de la famille SONNIEZ. Peut-être sommes nous à la fin de l’année 1927, début 1928 et qu’elles sont venues visiter la tombe d’Octave, parti récemment?

J’ai donc dans un premier temps cherché du côté de l’ascendance d’Octave Alfred SONNIEZ.

Il n’y a apparement pas d’oncles ou de tantes susceptibles d’être encore vie après 1927. Cette piste ne semble donc pas être la bonne pour identifier les deux inconnus du cimetière. En revanche je me suis aventurée du côté de l’ascendance de sa première femme, Andréa GALLOIS, surtout après avoir regardé à nouveau une photo d’elle vers 1917 (envoyée par ma cousine Delphine donc): je ne sais pas vous, mais je lui trouve des traits de ressemblances – en particuliers au niveau des yeux – aux deux inconnus du cimetière !

Andréa GALLOIS vers 1918 (source: archives familiales)

Avant même de me pencher sur l’ascendance détaillée d’Andréa GALLOIS, une information me saute aux yeux: les parents d’Andréa sont Jules René GALLOIS (1853-1928) et Adélaïde BRULE (1880), habitants Roissy-en-France. Jules René est maçon. Au décès de son gendre Octave, il devient tuteur de ses deux petites filles orphelines, mon arrière-grand-mère Léone et sa soeur Rolande.

Mais alors si c’était eux, les deux inconnus du cimetière? Si ces deux là étaient bien les parents d’Andréa (avec laquelle ils ont, à mon sens, des airs familiers), décédée douze avant la prise de la cette photo, et qu’ils venaient se recueillir sur la tombe de leur gendre, père de leurs petites filles?

Si on va au bout de cette hypothèse, alors on peut obtenir une idée plus précise de la date de la photo, prise entre le 12 octobre 1927 et le 10 juin 1928, jour du décès de Jules René. La femme sur la photo aurait environ 67 ans tandis que l’homme en aurait 75, ce qui me semble plutôt cohérent avec ce que j’observe sur la photo.

Enfin, jetons un coup d’oeil à la fiche matricule de Jules René qui nous donne une description physique au moment de sa conscription, c’est à dire lorsqu’il avait 20 ans:

Extrait de la fiche matricule de 1873 de Jules René GALLOIS (source: AD78)

Rien dans la description – brève certes – ne semble contredire complètement ce qu’on observe de l’homme sur la photo. Au contraire, la taille indiquée, 1m58, semble tout à fait correspondre à la taille de l’homme photographié.

Bien évidement, lorsque l’on cherche à identifier une photo et que l’on opte pour une certaine hypothèse, on a parfois tendance à chercher à la confirmer – et parfois à s’obstiner alors qu’on fait fausse route. J’ignore si dans ce cas précis, avec mes inconnus du cimetière, je suis proche de la vérité ou non. Quoiqu’il en soit, cette hypothèse me semble aujourd’hui la plus plausible, et c’est la photo de mon arrière-arrière grand-mère, Andréa, qui m’a permis d’en arriver à cette conclusion pour cette enquête photo.

Jules René GALLOIS et Adélaïde BRULE
2. Andréa GALLOIS
3. Léone SONNIEZ
4. Mon grand-père maternel
5. maman
6. moi

#ChallengeAZ : Q comme Quatre

Photo non identifiée (source: archives familiales)

Parmi les photos que j’avais récupéré chez ma grande tante – et que j’avais mis de côté – il y en a une qui a attiré mon attention. Il s’agit d’une photo sur laquelle on peut voir une femme, portant un chignon et vêtue de noir, avec trois enfants: deux garçons, et une fille, visiblement plus âgée. Tous portent de longues blouses noires – et la jeune fille porte une collerette claire avec des noeuds dans les cheveux. Difficile de donner une date précise pour cette photo, qui semble avoir été prise entre 1890 et 1900 à en juger les vêtements que portent chacun des quatre individus.

Cette photo n’est pas annotée, et les individus qui posent me sont complètement inconnus. Le seul indice que j’ai concerne le fond d’archive lui même: j’ai trouvé cette photo parmi d’autres appartenant à mon arrière grand-mère Annie COUTIER mais également à mon arrière-grand-père Léo FONTAINE – que je n’ai pas connu. Il est donc fort probable que ces quatre personnes soient à rechercher du côté de la famille FONTAINE, puisque je n’ai jamais vu ces visages du côté de la famille COUTIER – famille pour laquelle je possède énormément de photos. Mais alors qui sont-ils?

Pour rappel, Léo FONTAINE est né le 10 janvier 1913 à Bellon, dans les Charentes. Il est le troisième enfant du couple formé par André FONTAINE (1885-1914) et Marie Thérèse LAIRE (1888-1966). Cependant, Léo est le seul enfant de la famille au moment de sa naissance: son frère aîné, Albert, né en 1910, n’aura vécu qu’un an et demi – il décède en 1911 – et Marie Thérèse a accouché d’un enfant mort né le 22 janvier 1912. Après Léo naitra un dernier garçon en mai 1915, André. Les deux jeunes garçons grandiront sans leur père, mort dès le premier mois de la Grande Guerre en 1914.

Du côté de sa mère, Léo n’a pas de famille et pour cause: souvenez vous, Marie Thérèse LAIRE est une enfant de l’assistance publique. Au moment de la naissance de son fils Léo, elle a encore des frères et soeurs, tous jeunes, et sa mère est encore en vie. Mais tout cela, elle l’ignore. En revanche, la famille est plus nombreuse du côté du père de Léo, André. Ils sont au total 9 enfants dans la famille FONTAINE. Les frères et soeurs d’André se sont presque tous mariés: en voilà des pistes intéressantes pour notre photo mystère: peut-être qu’ils s’agit là d’enfants de la fratrie FONTAINE? Essayons d’y voir plus clair et de retracer rapidement le parcours de chacun d’eux:

  • L’aînée, Léonie, est né le 10 avril 1884. Elle se marie le 7 juin 1902 à Bellon avec Félix BENIGNE, de 10 ans son aîné. Le couple va avoir quatre enfants: Stéphanie (1903-2001), Camille (1906), Félicien (qui ne vivra que quelques jours en novembre 1909) et Fernand (1921-2001). Léonie et Félix décèderont tous deux en 1950.
  • Fanny est née juste après mon arrière-arrière-grand-père André le 11 octobre 1887 à Courlac. Après avoir eu une petite fille en 1909 nommée Andréa – qui sera plus tard légitimée – elle se marie à l’âge de 23 ans avec Félix BOUDET, originaire du 20e arrondissement de Paris. Le couple va avoir deux autres enfants: Stéphane (1912-1921) et Désiré Félicien (1918-1991). Je n’ai à ce pour pas trouvé les dates des décès de Fanny et de Félix: je perds leur trace à Angoulême, où ils vivent en 1936.
  • Georges est le second fils du couple, né en 1890 à Bellon. Il épouse après la guerre Marie Louise DANIAUD à qui il donne quatre enfants: Emile (1920-1983), André (1923-2020), Yvon (1926-2009) et Yvonne (née en 1929). Georges et Marie Louise vivront dans les Charentes jusqu’à leur mort, respectivement en 1976 et en 1971.
  • Charles est quant à lui né le 16 février 1893. Il épouse en 1919 Hélène BERLUREAU. Ensemble ils auront trois enfants: André Emile (1920-2002), Andrée Marie (1923-2015) et Irène Berthe (1926-1977). Charles décède en 1954.
  • Marguerite est née le 19 avril 1894. Elle se marie en 1915 durant la Grande Guerre avec Adolphe CABANNES. Le couple n’aura à ma connaissance pas d’enfants. Par ailleurs, ils divorceront en 1949. Je ne connais ni le lieu ni la date décès de Marguerite.
  • Marie, la dernière fille de la fratrie, est née le 22 janvier 1897. Elle donnera naissance en 1912 à un garçon, Jean Jules, qui ne survivra que quelques jours. Elle décède en 1938 à Angoulême.
  • Henri, né en 1900 et mort en 1907 à l’âge de 7 ans.
  • Emile, le dernier enfant, ne vivra quant à lui pas beaucoup plus longtemps que son frère: il décède en 1914 à l’âge de 11 ans, un mois avant le décès de son père Cyprien.

Si on part du principe que la femme sur la photo est une des soeurs d’André et qu’elle figure avec ses trois enfants, alors seuls deux femmes de la fratrie FONTAINE sont potentiellement concernées:

  • Cela pourrait être Léonie, qui a une fille aînée, Stéphanie, et deux autres garçons plus jeunes – un autre étant mort en bas âge. Problème: Stéphanie a 18 ans d’écart avec son plus jeune frère Fernand, et il parait peu probable que la jeune fille sur la photo ai au moins 25 ans..
  • Fanny est également une bonne candidate pour la photo mystère, avec ses trois enfants dont une fille aînée et deux garçons. Il y a cependant un petit hic pour cette piste: Stéphane, son deuxième fils, décède quand son frère a seulement 3 ans, et il est difficile d’imaginer que le plus jeune enfant sur la photo n’ait que 3 ans…

Peut être que cette photo ne concerne tout simplement pas la famille FONTAINE? Et pourtant, je vais vous expliquer pourquoi je m’entête sur cette idée – au delà d’avoir trouvé cette photo dans les archives familiales de mes arrières grand-parents maternels. Sur la photo, la jeune fille a, à mon sens, de sérieux airs de ressemblance avec mon arrière-grand-père Léo, en particulier au niveau des yeux et des sourcils. Je vous laisse en juger par vous même:

Alors il me reste une dernière idée et piste pour tenter d’identifier ces quatre individus, il va nous falloir prendre un peu de hauteur. Si on considère que la photo a été prise au tournant du XXe siècle (1890-1910), les trois enfants présents sur la photo ne seraient-ils pas les enfants de la fratrie FONTAINE évoqués plus hauts -les frères et soeurs d’André – lorsqu’ils étaient enfants? Et la femme sur la photo serait leur mère, mon arrière-arrière-arrière grand mère Marie BION. Deux hypothèses concernant possibles concernant la fratrie figurant sur la photo:

  • Première hypothèse : il pourrait s’agir de Fanny (1887), Georges (1890) et Charles (1893). Si on donne l’âge d’environ 12 ans à la jeune fille et si il s’agit bien des trois enfants précédemment nommés, alors le garçon à sa droite, Georges, aurait 9 ans, tandis que le plus jeune en aurait 6. La photo serait datée d’environ 1899 et leur mère, la femme présente sur la photo, aurait alors 38 ans. Les âges donnés selon cette hypothèse me semblent cohérents avec ce qu’on peut observer sur la photo.
  • Seconde hypothèse : il s’agirait des trois plus jeunes enfants du couple avec Marie (1897-1938), Henri (1900-1907) et Emile (1903-1914). La photo aurait été prise au plus tard en 1907, ce qui donnerait pour chacun des enfants les âges suivants: Marie 10 ans, Henri 7 ans et Emile 4 ans. Leur mère aurait en revanche 46 ans.

Pour confirmer ou non l’une des deux hypothèses, il me faudrait une photo de ces mêmes enfants, plus âgés, ou alors une personne qui reconnaissent, par des traits familiers, les individus présents sur la photo. Je dispose bien de deux photos de Charles (sur l’une il est âgé d’au moins 50 ans et sur l’autre il est en uniforme lors de sa conscription), mais il est difficile de le reconnaitre enfant. Il me reste alors à retrouver des descendants de Fanny et Georges pour avoir davantage d’informations et essayer de croiser les données. Concernant la seconde piste, ce travail là va être beaucoup plus difficile: Henri et Emile sont tous les deux décédés jeunes. Quant à Fanny, elle est décédée relativement jeune également, et sans descendance. Elle reste cependant moins plausible: je ne suis pas certaine que l’enfant au premier plan de la photo soit âgé de seulement 4 ans – il me semble un petit peu plus grand.

Enfin, une dernière piste s’offre à moi et me permet de me dire que je ne fais peut-être pas fausse route sur l’idée que ces individus soient bien de la famille FONTAINE et que la femme soit Marie BION avec trois de ses enfants . En effet, pour la lettre K, j’ai essayé de détailler ce qui m’avait ameée à penser que le jeune conscrit de la photo était André FONTAINE. Ces deux photos me semblent tout à fait complémentaires, et ce pour deux raisons:

  • Le garçon à droite mais fait drôlement penser à André FONTAINE et je leur trouve une certaine ressemblance. Je ne pense pas que ce soit André sur la photo (autrement cela signifierait que le garçon n’a qu’un an d’écart avec la jeune fille), mais il est fort plausible que ce soit l’un de ses frères.
  • Je retrouve chez Marie BION – en supposant que ce soit elle sur la photo- les fameux « yeux des FONTAINE » que j’évoquais à la fin de mon article. Si la femme de la photo est bien Marie BION, alors André ainsi que mon grand-oncle et ma grande-tante tiendraient de leur grand mère paternelle – notre Marie BION donc. Les yeux de la jeune fille et du plus jeune garçon présent sur la photo seraient des traits appartenant davantage à leur père Cyprien FONTAINE.

Peut-être que je fais complètement fausse route et que je me suis entêtée sur une idée à partir de quelques éléments. Cependant, les deux photos mises côte à côte me donnent vraiment l’impression que je ne suis pas tout à fait à côté de la plaque. Si les identifications sont correctes – le saurai-je un jour? – alors j’aurai identifié mon arrière-arrière grand-père André FONTAINE ainsi que mon arrière-arrière-arrière grand-mère Marie BION. Et ça c’est vraiment chouette – et c’est aussi pour ces petits moments de grâce que l’on fait de la généalogie !

Marie BION
2. André FONTAINE
3. Léo FONTAINE
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#ChallengeAZ : P comme Paul COUTIER, la fin d’un mystère

Paul COUTIER en 1895 (source: archives familiales)

Il y a un mois, j’ai été contactée via geneanet par la conjointe d’un cousin. Elle m’a apporté sur un plateau d’argent la solution a un mystère de longue date – et je la remercie encore. Cette énigme concerne Paul COUTIER. Souvenez vous, j’en avais fait l’un de mes premiers articles sur blog.

Pour rappel, Paul COUTIER, né en 1875, est le frère de Louis COUTIER (1878-1934), mon arrière-arrière grand-père, et d’Eugène (1873-1819), l’aîné de la fratrie. Je ne disposais que de très peu d’informations sur Paul qui a eu tendance à disparaitre complètement des registres de l’état-civil (pas de mariage, pas d’enfant, pas témoin), et je perdais sa trace en 1914 quand sur sa fiche matricule il était indiqué qu’il vivait en territoire envahi et qu’il était maintenu reformé.

Extrait de la fiche matricule de Paul COUTIER (source: AD59)

Les maigres informations dont je disposais me provenait justement de cette fameuse fiche matricule. Appartenant à la classe 1895 du bureau de Lille, Paul avait été maintenu au corps pour mesures disciplinaires puis exempté de service pour aliénation mentale et son certificat de bonne conduite lui avait été refusé.

Extrait de la fiche matricule de Paul COUTIER: « Parti le 12 novembre 1896, arrivé au corps le dit jours. Immatriculé sous le n°8030. Soldat de 2e classe. Etait susceptible d’être renvoyé dans ses foyers après un an de service comme dispensé art.21 frère au service. Maintenu au corps par mesure de discipline jusqu’à la libération complète des 2 années de services dont il avait été dispensé, par application du paragraphe 5 de la loi du 15 juillet 1889 (2 du régiment n°125 du 4 septembre 1897). Réformé n°2, le 13 février 1899, par la commission spéciale de Châlons sur marne pour aliénation mentale. Rayé des contrôles le 14 février 1899. Certificat de bonne conduire refusé. » (source: AD59)

Voilà où j’en étais donc. Pas d’acte de décès, pas de piste autre que « encore en vie en 1914 et se trouvant en territoire occupé ». Depuis six ans maintenant, je tapais de temps en temps « Paul COUTIER » sur Filae ou geneanet, mais sans tomber sur une nouveauté – et surtout sans grande conviction.

Arrive donc ce jour, où, lors de notre échange avec cette cousine par alliance, elle m’apprend que Paul est décédé le 11 novembre 1914 à Tournai, rue de l’Asile, en Belgique. Elle a retrouvé son acte de décès sur Family Search. Essayons donc d’en savoir plus sur ce qu’a pu être la fin de vie de Paul.

Paul a 39 ans au moment de son décès. Il est célibataire et est domicilié à Estaimpuis, en Belgique, là où vivaient ses parents de 1902 environ jusqu’à leur décès – en 1913 pour Ludovic COUTIER et en 1905 pour Emma DEBUNE. Ne trouvant pas Paul à Mouvaux sur les recensements 1906, je le soupçonnais de vivre auprès de ses parents de l’autre côté de la frontière, en Belgique.

Estaimpuis (source: delcampe)

La rue de l’Asile à Tournai correspond à aujourd’hui à la Rue Despars. C’est dans cette rue que se trouve l’actuel Centre Régional Psychiatrique Les Marroniers, qui dispose aujourd’hui de plus de 700 lits. Ce centre a une histoire bien plus ancienne puisqu’il repose sur l’ancien asile Saint-Bernard, construit en 1881 et géré par Les Frères de la Charité de Gand. L’asile sera réquisitionné durant la Grande Guerre et nombreux seront les soldats qui y passeront.

Asile Saint-Bernard (source: 1914-1918.be)

Concernant Paul, j’ignore à quel moment il est rentré dans cette alise – peut-être après la mort de son père? Je suis en revanche certaine qu’il ne s’y est pas retrouvé en raison de la guerre, d’autant plus qu’il était exempté et maintenu réformé malgré la mobilisation générale. Je crois que la raison de sa présence (et de sa mort) rue de l’Asile à Tournai est ce qu’on retrouve sur sa fiche matricule, l’aliénation mentale.

Peut-être en saurai-je plus un jour sur Paul COUTIER? Ca sera pour un prochain article peut-être !

Paul COUTIER, frère de Louis COUTIER
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5. moi

#ChallengeAZ : O comme Occasionnellement peintre

Fidèle LEDIEU (source: archives personnelles)

Aujourd’hui, je vais à nouveau vous parler d’un artiste, un peintre – bien moins connu qu’Alexandre ROUBTZOFF que nous avions évoqué pour notre lettre M. Il s’agit de Fidèle LEDIEU, et rien que pour son nom et son prénom, cela valait la peine de l’évoquer au cours de ce challenge !

Parmi les collatéraux de mon arbre, ce fameux Fidèle m’a toujours intrigué, d’autant plus que j’ai des difficultés à retracer sa vie et son parcours. Fidèle LEDIEU, est donc accroché à mon arbre généalogique car époux d’Aeliana Maria DEBUNE, elle même fille de mes ancêtres Florentin (1815-1880) et Adeline ALEXANDRE (1820-1872).

Je possède une photo de Fidèle ainsi que plusieurs photos de ses tableaux. En effet, à côté de son travail de receveur des contributions indirectes, Fidèle était aussi peintre.

Rue de la Cloche à Douai (source: delcampe)

Fidèle nait le 7 avril 1827, rue de la Cloche à Douai dans le Nord. Il est le cinquième enfant de Louis François (1796-1859), marchand épicier à Douai, et d’Angélique DUFLOS (1785-1860). Quand il vient au monde, il n’y a plus que trois enfants encore en vie dans la famille, la mortalité infantile ayant emporté le premier et le troisième enfant du couple. On retrouve Fidèle dans cette même ville en 1849 au moment du mariage de sa soeur Clotilde. L’acte de mariage de cette dernière nous apprend qu’il est receveur des contributions indirectes : il est chargé de percevoir les redevances sur certains produits.

Fidèle va par la suite être muté à Lillers (62): c’est là qu’il vit lors de son mariage avec Aeliana DEBUNE (1844-1889) le 15 mai 1867 à Saint-Hilaire-Cottes (62). Lui a 40 ans, tandis qu’Aeliana en a 22.

Je perds complètement la trace du couple après leurs noces: je ne les retrouve pas à Lillers et ils ne sont pas non plus du côté de Saint-Hilaire-Cottes. Autre élément qui ne va pas faciliter les recherches: le couple ne va pas avoir d’enfant. Je les seulement retrouve au moment de leur décès. Fidèle meurt le 2 juin 1888 à l’âge de 61 ans à Dunkerque, à son domicile du n°28 de la rue du Jeu de Paume. Quant à Aeliana, elle décède un an plus tard, le 12 juillet 1889, toujours à Dunkerque, au 8 rue du Lion d’Or. Je ne perds cependant pas espoir dans mes recherches, peut-être qu’un jour le nom de Fidèle apparaitra dans une indexation de recensement.

Rue du Lion d’Or, à Dunkerque (source: delcampe)

On peut cependant imaginer que le couple LEDIEU était plutôt proche de la famille COUTIER, malgré la distance géographique. Pour rappel, Fidèle, était de part son mariage le beau-frère d’Emma DEBUNE (1848-1905), épouse de Ludovic COUTIER (1842-1913). Il était ainsi oncle par alliance de Louis COUTIER (1878-1934), mon arrière-arrière grand-père. La famille COUTIER vivait dans les années 1870 à Lille (59). Probablement que les deux familles se retrouvaient, et que Louis a bien connu son oncle Fidèle – ce dernier étant décédé quand Louis avant 10 ans. Cette déduction, je la fais de part l’inscription annotée au dos de la photographie de Fidèle par l’une des filles d’Isabelle: « l’oncle de papa, receveur des contributions indirectes, artiste peintre, Fidèle Ledieu ». Je fais également cette supposition de part les différents tableaux qui nous sont parvenus.

Peinture de Fidèle Ledieu, annotée au dos « fait par l’oncle de Louis, Fidèle Ledieu » (source: archives familiales)

Photographies de dessins et peintures de Fidèle Ledieu (source: archives familiales)

Les informations sur la vie et le parcours de Fidèle que j’ai pu récolter sont très maigres. Reste donc ces quelques photographies de ses peintures – dont certaines sont restées dans la famille. Il est fort probable que Fidèle peignait à ses heures perdues: je n’ai jamais trouvé sa trace dans des ouvrages recensants les artistes de son époque.

Fidèle LEDIEU, beau frère d'Emma DEBUNE
2. Louis COUTIER
3. Annie COUTIER
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